Selon une enquête flash du Snes-FSU dévoilée lundi 7 septembre, 57 % des collèges et lycées de l'académie de Montpellier ont fait leur rentrée avec au moins un poste d'enseignant non pourvu, un taux supérieur à la moyenne nationale de 53 %. Ce chiffre, qui concerne uniquement les postes d'enseignants, s'inscrit dans un constat plus large : 69 % des établissements du second degré en France ont une équipe incomplète, incluant également les conseillers principaux d'éducation (CPE), psychologues, accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et assistants d'éducation (AED).
Stéphane Audebeau, secrétaire académique du Snes-FSU, précise : « Si l'on se concentre uniquement sur les postes d'enseignants, nous sommes en revanche au-dessus de la moyenne nationale avec 57 % de collèges et lycées concernés contre 53 %. » Il ajoute que « dans le détail, il s'agit essentiellement de blocs de moyens provisoires non pourvus ». Les matières les plus touchées sont l'économie-gestion, les lettres, l'histoire, la SVT, mais aussi les maths et l'allemand, où « tous les postes des concours ne sont malheureusement pas pourvus ».
Un écart important avec les chiffres du rectorat
Le rectorat de l'académie de Montpellier conteste ces chiffres. Dans un communiqué, il reconnaît que « si la quasi-totalité des postes de professeurs vacants ont été pourvus cette année, des difficultés ponctuelles peuvent demeurer, particulièrement dans le second degré où les affectations doivent en effet répondre simultanément à des besoins disciplinaires et géographiques ». Il précise que « ces besoins correspondent le plus souvent à des volumes d'heures d'enseignement restant à couvrir, appelés blocs de moyens provisoires (BMP), et non à des postes à temps plein non pourvus ».
Selon le rectorat, « à peine 20 % des 640 établissements du second degré répartis dans les 5 départements peuvent présenter au moins un BMP restant à pourvoir », une situation qui « fait l'objet d'un suivi quotidien ». Pour assurer ces heures, les services académiques s'appuient sur les enseignants titulaires dédiés au remplacement, le recrutement d'enseignants contractuels et le recours aux heures supplémentaires.
Des manques également chez les AESH et AED
Le syndicat souligne des manquements plus marqués dans l'académie concernant les postes d'AESH (dans 22 % des établissements) et d'AED (13 %) que sur ceux de CPE (4 %), précisant : « Quand un AED en arrêt doit être remplacé, il ne l'est généralement qu'à 50 %. » Le manque de remplaçants disponibles pour pallier les arrêts maladie est également pointé du doigt.
Ces difficultés récurrentes sont attribuées par le syndicat à la suppression de 8 800 postes en 8 ans en France dans le second degré. Stéphane Audebeau déplore : « Certaines disciplines techniques en lycées pros, comme la technologie, sont clairement sacrifiées. Aujourd'hui, il faut ainsi recruter un prof d'électrotechnique sur petites annonces. »
Les parents d'élèves dénoncent une rupture d'égalité
Rémy Landri, cosecrétaire académique de la FCPE, fait état de « nombreux professeurs ou AESH manquants dans le premier degré selon nos remontées ». Il ajoute : « On est loin de la promesse du ministre de mettre un professeur devant chaque élève. L'insuffisance des brigades de remplaçants est inacceptable car cela provoque une rupture de l'égalité des chances. Il est urgent de revaloriser la profession et la formation des enseignants. »
La réforme de la formation initiale, avec des enseignants recrutés pour la première fois cette année à Bac + 3, semble avoir relancé l'intérêt pour les concours, mais Stéphane Audebeau et le Snes estiment que « ces formations à bac + 3 ne régleront pas le problème de pénurie dans certaines matières. Nous continuons à défendre une formation de qualité à bac + 5. » Les effets de cette réforme ne pourront pas se répercuter sur les pénuries avant plusieurs années.



