Vagues de vols dans les distributeurs alimentaires autour de Caen
Vols en série dans les distributeurs alimentaires près de Caen

Depuis le début du mois de mai, une dizaine de distributeurs automatiques vendant des produits de crémerie, de la charcuterie ou des plats à emporter ont subi des vols et des dégradations dans l'agglomération caennaise. Ces incidents, qui se multiplient, coûtent cher aux commerces qui comptent beaucoup sur ces revenus.

Trois fois la même cible à Colombelles

Dans la nuit du 7 au 8 mai, le distributeur automatique de la Crémerie des Frangines, à Colombelles, près de Caen (Calvados), a été la cible de voleurs pour la troisième fois en quelques semaines. « Ce sont les deux mêmes individus. On les reconnaît sur les images », se désole Julia, cogérante de l'entreprise familiale basée à Cagny, qui compte 12 distributeurs sur l'agglomération. Plusieurs cases sont brisées, vidées de planches charcutières et fromagères. « Ils volent, mais ils cassent aussi sans voler », ajoute-t-elle, dépitée.

Une série d'attaques dans l'agglomération

Des faits similaires se sont produits à Saint-Martin-de-Fontenay le week-end du 1er mai, visant le distributeur de la Crémerie des Frangines ainsi que celui de la boucherie Dron, qui en avait déjà fait les frais quelques semaines auparavant. À Verson, Aurélien Roussel a découvert « un tiers des cases de notre distributeur détruites. Le contenu n'a pas été volé. Peut-être n'en ont-ils pas eu le temps. Une patrouille de sécurité privée a vu des personnes fuir en voiture de la zone ». Le gérant du restaurant L'Olivade ne dispose plus que de son « distributeur épicerie », épargné. L'autre est hors-service en attendant les réparations.

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Des conséquences financières lourdes

Outre l'incompréhension et le dépit suscités par ces attaques, les entrepreneurs s'inquiètent pour leurs finances. « À chaque fois, c'est 1 800 euros de franchise », s'alarme Julia, qui rappelle que ces distributeurs « qui permettent de toucher plus de monde, sur plus de secteurs, nous font vivre ». À Verson, Aurélien Roussel avait investi 30 000 euros pour le distributeur de Verson et 20 000 euros dans un village voisin. Il les garnit de produits de son restaurant. « Nous faisons face à une baisse d'activité au restaurant alors que les charges augmentent. Les distributeurs nous permettent de ne pas licencier. Et grâce à ce salarié en plus, nous pouvons répondre aux demandes de prestations de clients », explique le gérant. La réparation est estimée à 2 000 euros.

Des solutions de sécurisation à l'étude

Le restaurateur a engagé une réflexion pour « sécuriser davantage les distributeurs », notamment par la surveillance et l'apparence. « Peut-être qu'il faut cacher les aliments qui y sont proposés. Mais sans la vitre, les clients auront-ils la même envie d'acheter ? » se questionne-t-il. La crémerie pourrait déménager son appareil de Colombelles et redoute des périodes de chômage technique pour ses salariés. La police a eu accès aux images de vidéosurveillance, sans pouvoir identifier les voleurs. Ces professionnels s'inquiètent d'un effet de « mode » crapuleux sur l'aubaine que représentent ces machines. Derrière le saucisson et la tranche de fromage dérobés se cachent des conséquences périlleuses pour ces PME.

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