Rennes durcit le ton contre les musiciens ambulants, polémique
Rennes : nouvel arrêté contre les musiciens ambulants

Depuis le 4 mai, un nouvel arrêté municipal encadre strictement les prestations des artistes de rue dans le centre-ville de Rennes. Désormais, les musiciens ne peuvent plus jouer plus d'une heure au même endroit et doivent respecter une distance d'au moins 200 mètres pour revenir dans la journée. Cette réglementation, bien plus contraignante que la précédente, suscite une vive polémique, notamment parce qu'elle vise particulièrement Rodrigue Pailhès, figure incontournable des rues rennaises depuis plus de trente ans.

Une pétition contre la restriction

Rodrigue Pailhès, 52 ans, a lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 3 500 signatures. Il demande le retrait de l'arrêté, estimant que la mairie cède aux plaintes de riverains et de commerçants. « Des gens qui râlent, il y en a toujours eu, mais ce qui est nouveau, c'est que la mairie se mette de leur côté », déplore-t-il. Installé à Rennes depuis 1992, il a fait de la rue son métier, chantant quatre à cinq heures par jour, six jours sur sept, avec un répertoire centré sur la chanson française.

Un sentiment de persécution

Dans une lettre adressée à la maire, il écrit : « En trente ans, j'ai construit quelque chose d'assez indéfinissable. Une présence poétique, apaisante, immuable. Comme une petite veilleuse dans la nuit. » Il compare sa situation à celle d'un coq ou des cloches d'église que certains voudraient faire taire. Des passants solidaires dénoncent une « gentrification du centre-ville ». Cependant, la mairie affirme soutenir les festivals et vouloir « concilier de manière harmonieuse les prestations d'artistes et les autres usages de la rue ».

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Des tensions avec les riverains

Certains riverains excédés n'hésitent pas à cracher sur lui depuis leurs fenêtres. « C'est arrivé deux ou trois fois depuis un an. J'aurais peut-être dû prendre un parapluie », plaisante Rodrigue. Du côté des commerçants, les avis sont partagés. Si certains ne sont pas dérangés, d'autres comme Willy, employé d'un magasin de biens culturels, estiment que « il croit que la rue est à lui » et qu'il refuse de changer d'endroit pour ne pas perdre en recettes. « Ce n'est pas du spectacle de rue, c'est devenu son fonds de commerce, sauf qu'il ne paie pas de charges », ajoute son patron. Rodrigue réfute ces accusations, mais la polémique est bien lancée dans la capitale bretonne.

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