Au centre-bourg, plusieurs commerces vacants peinent à trouver un repreneur, soulevant des questions sur l'attractivité de la commune. La mairie assure qu'une rencontre avec l'union commerciale permettra de définir une stratégie de redynamisation. Avec Le Repaire des colibris, magasin de vêtements de seconde main, la rue principale perd un nouveau commerce. Ce sera le quatrième magasin à fermer ses portes en face de la mairie. Pour l'instant, un seul a trouvé un repreneur : le chausseur, devenu cabinet d'expertise comptable.
Les vitrines vides interrogent sur l'attractivité commerciale d'un village qui ne manque pourtant pas d'atouts. Deux pharmacies, deux bouchers, deux boulangers, un opticien, une supérette, un magasin d'électroménager, une droguerie et d'autres échoppes historiques animaient jadis la rue principale, avant l'ouverture de la déviation et la mise en sens unique. Une pharmacie, l'opticien, le magasin d'électroménager et le supermarché ont migré vers la zone artisanale Lissardia, désormais complète.
Après le retrait de 5 000 véhicules par jour, beaucoup espéraient une nouvelle dynamique. Raté. Le constat d'un lent déclin suscite plus de questions que de réponses. « Il nous manque quelque chose en matière de représentativité et d'attractivité », analyse Sandra Brasco, du Coin des saveurs. « Il faut qu'on se réunisse d'urgence. Bars et restaurants animent et attirent, mais hors de nos horaires. »
Le fromager Christophe Decrock, présent depuis douze ans, évoque le passé : « L'année de notre installation, nous avons perdu une pharmacie, un opticien et passé une année sans boucherie. Ces commerces primaires attiraient 400 à 500 personnes par jour pour la seule pharmacie. » Pour lui, cette vie commerciale en dents de scie, frappée par le Covid, n'offre pas de stabilité.
La disparition de l'union commerciale est un autre problème. Benat Darrigues, boulanger, en a fait partie : « Les centres-villes se désertifient au profit des périphéries. C'est le résultat des supermarchés et du commerce en ligne. Il faudrait inverser les politiques et changer les habitudes de consommation. On peut rêver. »
Relancer des animations, harmoniser les horaires d'ouverture, renforcer le marché du samedi matin, développer des dynamiques alimentaires complémentaires : autant de pistes pour l'union commerciale ressuscitée. « Il y a une bonne nouvelle : même si les chiffres d'affaires du bourg et de Lissardia se sont croisés, la clientèle est toujours là, différente mais présente », ajoute le fromager.
La mairie espère une rencontre avec le collectif. « À partir de là, nous pourrons élaborer une stratégie de redynamisation du centre-bourg », déclare le maire Christophe Jauréguy. L'union et la complémentarité peuvent faire la force. Sans produit emblématique ni classement touristique, le salut du commerce passera par la mobilisation de tous les acteurs, « clients compris », conclut Benat Darrigues.



