À Nanterre, la « tour de l'horreur » au bord de la grève des loyers
Nanterre : la tour de l'horreur menace d'une grève des loyers

Sur les seize étages de la tour A de la rue des Sorbiers à Nanterre, rares sont les paliers qui ne comptent pas au moins une porte anti-intrusion. Ce détail matériel témoigne de la violence qui s'est enracinée dans ce foyer Adoma, surnommé officieusement « la tour de l'horreur ». Ce sobriquet résume le quotidien des résidents, confrontés à l'insalubrité, aux squats, aux trafics et, désormais, à la prostitution.

Un quotidien chaotique

Dans ce chaos où les ressources de chaque locataire sont souvent maigres, la débrouille est érigée en vertu. La solidarité, elle, se fait beaucoup plus rare. Pourtant, ce mercredi 6 mai, les prémices d'une cohésion ont affleuré dans le hall de la tour. Les « vrais résidents » se sont rassemblés pour jeter les bases d'une grève des loyers, après un énième incendie survenu la semaine passée dans une chambre squattée du 13e étage.

Des conditions de vie dégradées

Les habitants dénoncent une situation devenue intenable. « Il y a plus de squatteurs que de résidents », confie l'un d'eux. Les étages sont envahis par des occupants illégaux, et les activités illicites se multiplient. La prostitution s'est installée dans les couloirs, ajoutant à l'insécurité. Les portes anti-intrusion, installées par les locataires eux-mêmes, sont le symbole de leur désarroi et de leur détermination à se protéger.

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La menace d'une grève des loyers

Face à l'inaction du bailleur Adoma, les résidents organisent une grève des loyers. Ils exigent que le gestionnaire fasse le ménage dans le bâtiment, en expulsant les squatteurs et en rétablissant des conditions de vie décentes. « Nous ne paierons plus tant que rien ne change », prévient un porte-parole du collectif. Le bâtiment, qui compte 200 logements, est promis à la démolition après la restructuration de la tour voisine, mais en attendant, les occupants refusent de subir passivement.

Un appel à l'action

Les résidents espèrent que leur mouvement fera réagir les pouvoirs publics. Ils réclament une intervention rapide pour sécuriser les lieux et mettre fin aux nuisances. La tour de l'horreur, loin d'être une fatalité, pourrait devenir le symbole d'une lutte pour la dignité et le droit à un logement décent.

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