Le site pornographique Motherless a été mis hors ligne samedi 9 mai après un signalement au procureur de la République et à l'Arcom. La plateforme, qui hébergeait plus de 20 000 vidéos de viols de femmes endormies ou droguées, comptabilisait 62 millions de visites en février. Cette fermeture, saluée par la ministre de l'Égalité Aurore Bergé, pose la question de la persistance de tels contenus malgré l'affaire des viols de Mazan.
Un phénomène mondial et lucratif
La France occupe la quatrième place mondiale pour la consommation de pornographie. Selon Vigdis Morisse-Herrera, présidente de l'association Tricoteuses hystériques, la demande pour des contenus toujours plus violents, y compris illégaux, est alimentée par une recherche de sensations fortes. Ces vidéos génèrent des dizaines de milliers de vues, rapportant des gains colossaux aux plateformes et aux créateurs.
La loi de l'offre et de la demande
Comme le rappelle la militante, le fonctionnement des plateformes pornographiques est similaire à celui de YouTube : les vidéos sont monétisées en fonction du nombre de vues. Ainsi, les contenus criminels répondent à une logique lucrative. L'industrie pornographique représente aujourd'hui un quart de la bande passante d'Internet.
Des mesures insuffisantes
Si la fermeture de Motherless est une victoire, Vigdis Morisse-Herrera appelle à des changements législatifs et judiciaires plus profonds. Elle souligne que plus de 90 % du contenu pornographique contient des violences envers les femmes, selon le Haut Conseil à l'égalité. Le taux de classement sans suite pour les violences sexuelles atteint 86 %, et 94 % pour les plaintes pour viol.
La ministre Aurore Bergé a annoncé avoir dans le viseur d'autres sites comme chaat.fr et legarçon.net, accusés de mettre en contact des mineurs avec des pédocriminels. Mais pour les associations, ces fermetures ne sont qu'un début.



