Médicaments périmés : une expérimentation pour prolonger leur usage
Médicaments périmés : une expérimentation pour prolonger leur usage

Les autorités sanitaires françaises ont lancé mercredi 26 août une expérimentation avec 14 laboratoires pharmaceutiques pour prolonger la durée de conservation de 73 médicaments très utilisés, comme le paracétamol, l'amoxicilline et la mélatonine. Ce projet, qui s'étalera sur cinq ans, vise principalement à réduire le gaspillage de produits jetés chaque année.

Une durée de conservation actuellement limitée

Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), la plupart des médicaments autorisés en France ont une durée de conservation de deux à trois ans, et moins de 10 % d'entre eux atteignent cinq ans. Cette situation entraîne la destruction de milliers de boîtes encore utilisables, comme le souligne l'ANSM dans un communiqué : « Ces durées relativement courtes entraînent la destruction inutile de milliers de boîtes. Pourtant, réévaluer ces durées de conservation permettrait bien souvent de les augmenter, tout en s'assurant de l'efficacité des médicaments et de leur sécurité pour les patients. »

L'expérimentation repose sur la modification des autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments concernés. Les laboratoires participants ont répondu à un appel à candidatures lancé par l'ANSM. Au total, 73 médicaments sont concernés, parmi lesquels des traitements à base de paracétamol, d'amoxicilline, de lévothyroxine, de mélatonine et de lithium. L'ANSM précise que « 47 des 73 médicaments devraient atteindre une durée de conservation de 4 ans ou plus ».

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Réduire le gaspillage et l'impact environnemental

L'objectif principal de cette initiative est de réduire le gaspillage de médicaments, d'améliorer leur disponibilité pour les patients et de diminuer l'impact environnemental lié à leur production et à leur destruction. Les chiffres sont éloquents : plus de 8 200 tonnes de médicaments non consommés ont été collectées en 2025 pour être incinérées et valorisées, selon un bilan de Cyclamed, l'organisme chargé de leur collecte, publié fin juin.

Cette expérimentation pourrait également avoir des retombées économiques. Selon des évaluations économiques, l'Assurance maladie supporte un coût annuel lié aux médicaments non utilisés estimé à 517 millions d'euros. En prolongeant la durée de conservation, les autorités espèrent réduire ce fardeau financier tout en luttant contre la pollution.

Un projet sur cinq ans

Le projet va s'échelonner sur cinq ans, période durant laquelle les données de stabilité des médicaments seront réévaluées. Les laboratoires participants devront fournir des preuves scientifiques pour justifier l'extension de la durée de conservation. Cette démarche s'inscrit dans une logique de développement durable et de responsabilisation des acteurs du secteur pharmaceutique.

À terme, si les résultats sont concluants, cette expérimentation pourrait ouvrir la voie à une révision plus large des durées de conservation des médicaments en France, bénéficiant à la fois aux patients, à l'environnement et au système de santé.

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