Un texte censé apaiser le monde agricole, mais qui suscite déjà des tensions électriques. En débat à l'Assemblée nationale depuis mardi, le projet de loi d'urgence agricole provoque la colère des dirigeants de la grande distribution. Sept patrons d'enseignes majeures – Carrefour, Les Mousquetaires, E.Leclerc, Coopérative U, Auchan, Casino et Aldi – ont signé une lettre le 11 mai pour interpeller les députés. Ils y dénoncent un « contresens économique et politique majeur » et qualifient le texte de « projet inflationniste ».
Des amendements ciblant les relations commerciales
Le projet de loi comporte plusieurs amendements, adoptés en commission des affaires économiques, qui visent les relations entre distributeurs et industrie agroalimentaire. Selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les enseignes, c'est là que le bât blesse. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a confié au Parisien que le texte reflète l'influence du « lobby des industriels, dont le seul objectif est d'accroître leurs marges, au détriment des agriculteurs et du pouvoir d'achat ».
Les distributeurs estiment que ces mesures risquent de renforcer le poids des grands groupes industriels, au détriment des consommateurs et des agriculteurs eux-mêmes. Ils craignent une hausse des prix dans les rayons, alors que le pouvoir d'achat reste une préoccupation majeure pour les Français.
Un projet controversé dès son origine
Le gouvernement présente ce texte comme une réponse à la crise agricole, visant à simplifier les normes et à soutenir les exploitants. Mais pour la grande distribution, il s'agit d'un cadeau fait aux multinationales de l'agroalimentaire. Les enseignes appellent les députés à rejeter ces amendements et à revoir la copie pour éviter un impact négatif sur l'économie et les consommateurs.
Les débats parlementaires s'annoncent houleux, alors que le texte doit encore être examiné en séance publique. La FCD promet de poursuivre son lobbying pour défendre les intérêts des distributeurs et des clients.



