Location automobile longue durée : l'UFC-Que Choisir tire la sonnette d'alarme
L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a publié une mise en garde sévère ce mercredi concernant les contrats de location longue durée (LLD) et location avec option d'achat (LOA) pour automobiles. Selon l'organisation, ces formules de financement, en plein essor en France, présentent un caractère « piégeux » pour les usagers, avec des clauses abusives et des frais imprévus qui pénalisent lourdement les consommateurs.
Une pratique en expansion exponentielle
Les chiffres révélés par l'UFC-Que Choisir sont éloquents : en 2024, 67 % des véhicules particuliers neufs immatriculés au nom de personnes physiques ont été financés via un contrat de leasing, qu'il s'agisse de LOA ou de LLD. Cette tendance montre l'importance croissante de ces formules dans le paysage automobile français, mais cache selon l'association de sérieux écueils pour les consommateurs.
Des litiges nombreux et coûteux
L'enquête menée par l'UFC-Que Choisir auprès de 1 285 consommateurs et l'analyse de près de 1 000 témoignages de litiges révèlent des pratiques préoccupantes :
- Un quart des locataires ont subi des frais de restitution contestés, pour un montant moyen de 1 200 euros
- Certains contrats prévoient explicitement que les loyers continuent de courir même lorsque le véhicule est immobilisé en cas de panne
- En cas d'accident de la vie (perte d'emploi, séparation, maladie, décès), sortir du contrat relève du parcours du combattant
- Les héritiers d'un locataire décédé peuvent se retrouver contraints de choisir entre poursuivre les paiements, racheter le véhicule ou affronter une procédure de recouvrement, sans information claire sur leurs droits
Un cadre juridique insuffisant
La nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, dont la transposition entre en vigueur en novembre 2026, va renforcer l'encadrement de la LOA. Cependant, la LLD reste hors du champ du crédit à la consommation, sans socle de protection équivalent pour les consommateurs.
« Or, ce sont précisément les volumes de LLD qui ont bondi de 67 % en un an », souligne l'association, qui ajoute que « certains professionnels orientent délibérément leurs clients vers ce produit parce qu'il est moins contraignant pour eux ».
Les demandes de l'UFC-Que Choisir
Face à ces constats alarmants, l'association formule plusieurs demandes précises aux pouvoirs publics :
- Créer un droit à la résiliation sans frais en cas d'accident de la vie (décès, invalidité, perte d'emploi, force majeure) pour tous les contrats de leasing, LOA comme LLD
- Imposer une information précontractuelle standardisée incluant le coût total du contrat, les frais possibles à la restitution et le coût réel d'une sortie anticipée, avant toute signature
- Interdire les clauses qui transfèrent sur le locataire les risques de panne et de vice du véhicule, notamment celles qui maintiennent les loyers en cas d'immobilisation prolongée
- Étendre à la LLD les protections du crédit à la consommation : droit de rétractation, évaluation minimale de solvabilité, encadrement de la publicité et information normalisée sur les coûts
L'UFC-Que Choisir appelle donc à une action rapide des autorités pour protéger les consommateurs face à des pratiques contractuelles qu'elle juge abusives et déséquilibrées, alors que ces formules de financement automobile connaissent une croissance spectaculaire sur le marché français.



