Interclubs d'athlétisme : dépannage et ambiance au cœur de la fête sportive
Interclubs : dépannage et ambiance au cœur de la fête

Reportage en Gironde, à Saint-Médard-en-Jalles et Talence, au cœur des Interclubs d'athlétisme, une compétition qui mêle performance et convivialité. Du plus petit niveau régional à la Nationale 2, le dépannage est le maître-mot, illustrant la solidarité entre athlètes.

À Saint-Médard-en-Jalles : la Régionale 1 Sud en fête

Ce samedi 16 mai, le stade de Saint-Médard-en-Jalles vibre au rythme des Interclubs de Régionale 1 Sud. Ici, les athlètes se prêtent volontiers à des disciplines qui ne sont pas les leurs. Leho, sprinteur du Bordeaux Étudiants Club (BEC), s'essaie à la perche avec un style peu académique, échouant à 2,40 mètres. « On est un club de sprinteurs, donc aux sauts, lancers, fond, ce n’est que du dépannage », explique-t-il. Son ami Hugo, après un essai à 2,20 mètres, confesse avoir « échoué à cause des fesses ». L'ambiance est électrique : « On n’a pas de mascotte, mais on est un club de jeunes. Forcément, c’est nous qui faisons le plus de bruit », ajoute Hugo.

Les mascottes : une tradition qui perdure

Les mascottes sont une autre tradition des Interclubs. Elles s'affrontent dans un 100 mètres d'ouverture, pour l'honneur et le plaisir. Ce samedi, deux mascottes sont présentes : une grenouille de Villenave-d'Ornon et un éléphant de Portets. « Parce qu’on est un peu dans la brousse », plaisante un dirigeant. Sous le costume, Thiméo, 14 ans, attend d'en avoir 16 pour troquer les pattes d'éléphant contre des pointes avec les grands.

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Dépannage et entraide : l'esprit des Interclubs

Enzo, après avoir dépanné à la perche, doit courir le 1 500 mètres. « On a fait l’impasse sur la marche, explique le coach. Ça ne nous a rapporté que 20 points l’an dernier, autant faire autre chose. » Une performance moyenne rapporte environ 300 points, le classement se basant sur le total de chaque athlète (deux par épreuve maximum) avec un bonus aux premiers. La marche, la perche et le 3 000 mètres steeple sont les épreuves les plus difficiles à pourvoir, selon Nadia Bali-Abdou, coach de Saint-Médard. Sur la marche, on voit des jeunes rapides et des concurrents plus âgés, parfois pères ou grands-pères.

« Aux Interclubs, spécialement, l’athlétisme est un sport collectif », souligne-t-elle. À Portets, Manon, sprinteuse, lance le javelot pour le club, réalisant 10,17 mètres malgré les conseils d'une concurrente. « C’est ça l’esprit des Interclubs, on est tous dans le même bateau », dit Clara. « Mais toi tu es dans la soute ! », rigole Mathis. Le petit club de Saint-Sulpice-et-Cameyrac a fait double dépannage au javelot avec Lylou et Marie, 16 ans, soutenues par leurs amis. Les clubs aux effectifs limités, comme Portets, peinent à s'aligner partout. Un père d'athlète, juge, a même pris une licence pour franchir 1,60 mètre à la hauteur.

Maquillage et dépannage : les mamelles des Interclubs

À Floirac, un sauteur en longueur à 4,31 mètres arbore des cheveux colorés aux couleurs du club. Le maquillage est un autre mot-clé : visages et cuisses peinturlurés, rubans flottants. À Talence, le bleu béglais et les couleurs basques de PBA dominent. Malgré l'ambiance festive, de belles performances sont réalisées : un perchiste de Floirac frôle les 5 mètres, Loïs (AC Saint-Médard) dépasse les 6 mètres en longueur, Shéhérazade, revenue des États-Unis, vise 900 points sur 200 mètres, et Maelys lance le marteau à 42,21 mètres. Benny, champion de France de sport adapté sur 400 et 200 mètres, membre de l'équipe de France, court le 400 mètres « parfaitement intégré aux valides », se réjouit Nadia.

À ce niveau, le plaisir prime sur l'ambition. L'ACSM de Saint-Médard, récemment créé et comptant de nombreux athlètes mutés, a obtenu une dérogation : « Nos perfs ne seront pas comptabilisées, mais on est là pour offrir aux athlètes le plaisir de cette compétition », explique Nadia. La confrérie des juges et bénévoles est également mise à l'honneur. La présidente de Bègles, juge starter, dépanne au triple saut, tandis que Véronique Delrieu coordonne les volontaires, dont des jeunes de 12 ans, juges appliqués. Tous seront à l'organisation le lendemain à Talence. Les juges, fournis par les clubs, rapportent des points.

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Le 3 000 mètres steeple : un sommet de la compétition

Le 3 000 mètres steeple est l'épreuve reine, la plus dure, où les équipes se rassemblent devant la rivière pour soutenir les courageux qui franchissent les barrières. Teddy, « le mastoc », n'est pas un spécialiste mais donne tout pour son club. « À la rivière, on jette à l’eau ce qu’on a sous la main, y compris les gens ! », s'amusent Maelys et Loïs. « Les Interclubs, c’est entre la fête et la compétition. C’est un divertissement, un relâchement avant les meetings de l’été », résume Loïs. Un bonheur : donner le meilleur de ses muscles et de son esprit.

À Talence : Nationale 2 Sud, plus d'ambitions mais même esprit

Dimanche, au stade de Thouars à Talence, en Nationale 2 Sud (4e division), les nuages ont apporté des averses, mais l'ambiance reste la même, avec des dépannages extraordinaires. Sur la marche, Émile et Landry, spécialistes du 800 et 400 mètres, se sont lancés pour remplacer un blessé. « C’est pénible de marcher quand on a l’habitude de courir, mais c’est pour le club, chaque point compte », dit Émile. Il a rapporté 50 points, « pas terrible », mais il était volontaire. « Ma petite sœur aussi dépanne sur la marche, à Grenoble. Elle a rapporté plus que moi. » Ses coéquipiers sont venus pour le chambrer, pas pour l'encourager, ce qui le fait rire.

L'US Talence visait le podium. « On est un club formateur, avec beaucoup de jeunes, pas de ceux qui achètent des athlètes ailleurs », souligne Émile. Car les transferts existent, parfois pour chercher un titre. L'Entente Bassin (Gujan-Mestras et La Teste-de-Buch) a beaucoup recruté, avec l'ambition de monter en N1. « Mais c’est surtout pour boucher des trous dans les épreuves où nous n’avons pas d’athlètes », explique Jean-Jacques Germaneau, coprésident. Malgré des recrues blessées, l'Entente a pu compter sur des renforts à la perche et au steeple. « On a révisé nos objectifs : la barre des 50 000 points n’est plus accessible, on vise la première place. » Finalement, il atteindra les deux.

Monter en N1, pourquoi ? « C’est une reconnaissance régionale, il n’y a que quatre clubs de niveau national dans la région. L’athlé offre une belle image, mixte, et peut convaincre des partenaires. » Pour recruter, il faut de l'argent : « De 50 à 300 euros par mois selon les perfs, plus une prime à la signature de 2 000 euros », détaille M. Germaneau.

Un derby basque

L'Aviron Bayonnais, promu en N2, affrontait Pays basque Athlétisme, habitué de ce niveau. « On est rivaux aux Interclubs, mais en meeting non. On ne se pique pas les athlètes », raconte Yves, le président bayonnais. Sur la piste, pas de parents qui crient ni d'arbitres insultés. Les couloirs séparent, tout le reste rassemble. Ça fait du bien.

Résultats

À Talence (Nationale 2 Sud) : 1. Entente Bassin 50 072 pts ; 2. US Talence 49 367 ; 3. CA Béglais 47 344 ; 4. SA Mérignac 47 235 ; 5. Pays basque 46 501 ; 6. Aviron bayonnais 43 761.

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