Le gouvernement a effectué des signalements auprès du procureur, de la plateforme Pharos et de l’Arcom, concernant le site « Motherless », qui héberge des vidéos d’actes sexuels sur des femmes inconscientes et fait ainsi « commerce du viol de femmes », a déclaré mercredi la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.
Une enquête de CNN révélatrice
En mars, CNN avait révélé l’existence de plusieurs plateformes en ligne où des hommes s’échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe, dans une enquête dénonçant une « académie mondiale du viol ». La chaîne américaine évoquait notamment « Motherless », qui héberge plus de 20 000 vidéos dans la catégorie « sleep », dédiée aux femmes endormies ou droguées à leur insu.
Question du député Guillaume Gouffier Valente
« Le gouvernement entend-il se saisir pleinement de ces faits d’une extrême gravité ? », a interrogé mercredi le député EPR Guillaume Gouffier Valente lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Il a cité Motherless, site « accessible » à tous, qui a « enregistré plus de 64 millions de visites » en février et dont « la France est le quatrième pays consommateur ».
Réponse de la ministre Aurore Bergé
« La France se saisit pleinement », avec « à la fois, signalement au procureur de la République, signalement à Pharos (site gouvernemental permettant de signaler les contenus illicites), signalement à l’Arcom », le régulateur de l’audiovisuel, a répondu Aurore Bergé. « Notre Parlement a voté l’interdiction de l’accès aux sites pornographiques pour les mineurs » et ces signalements permettront notamment de « vérifier la mise en conformité de ces sites, sinon ces sites seront évidemment coupés et interdits dans notre pays », a-t-elle poursuivi.
« Nous avons ici affaire à un site qui fait commerce du viol de femmes. Ce sont des centaines de milliers de vidéos de femmes qui sont en train d’être droguées, à leur insu, par leurs compagnons, leurs conjoints » et « qui sont ensuite commercialisées », a fustigé la ministre. « Beaucoup trop d’hommes consomment ces vidéos, cela infuse dans notre pays la culture du viol » et « c’est cette culture qu’il nous faut changer ensemble », a-t-elle conclu.
Précédents signalements
Interrogé pour savoir si plusieurs sites faisaient l’objet de signalements, le cabinet de la ministre n’a pas répondu dans l’immédiat. Fin avril, l’Arcom avait indiqué à l’AFP avoir été saisie au sujet de Motherless, chaat.net et legarçon.net. « Pour ces trois sites, l’Arcom est en lien avec l’OFAC (Office anti-cybercriminalité) et le Parquet pour identifier la ou les procédures les plus pertinentes permettant de faire cesser la diffusion de contenus illicites, le cas échéant », avait précisé l’Arcom.



