Flambée des prix : les automobilistes français réduisent leurs trajets
Flambée des prix : les automobilistes réduisent leurs trajets

La consommation de carburants chute en France, alors que la crise impacte sérieusement le pouvoir d’achat de la population. « Les Français ne sont pas idiots, ils s’adaptent », a commenté, vendredi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, au micro de Sud Radio, alors que la consommation de carburants est en chute libre sous l’effet de la flambée des prix à la pompe. Celle-ci a diminué de 14 % du 1er au 20 mai par rapport à la même période l’an dernier, après avoir déjà reculé de 11 % sur un an en avril, a annoncé le ministre.

Des automobilistes qui s’adaptent

Durement frappés au portefeuille, « les Françaises et les Français conduisent un peu moins, ils font du covoiturage, peut-être qu’ils font un peu plus de télétravail », a expliqué le locataire de Bercy. Deux sur trois renoncent désormais à des trajets, tandis que le prix élevé du gazole, toujours situé au-dessus des 2 € le litre, dope la vente des véhicules électriques, devenus une solution de repli sur le marché du neuf et de l’occasion.

La crainte des pénuries cet été

Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, projette toujours le prix du baril de Brent de la mer du Nord au-delà des 100 dollars, soit plus de 50 % de hausse par rapport aux niveaux précédant la guerre au Moyen-Orient. Des cours du pétrole qui grimpaient à nouveau vendredi, le marché craignant des pénuries, alors que les négociations entre Washington et Téhéran butent, notamment, sur la question du sort de l’uranium enrichi iranien.

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« Pour l’Europe, cette crise est un problème de prix, pas de volume. On n’a pas de problème d’approvisionnement », contrairement à l’Asie, a cependant rassuré Roland Lescure, vendredi.

L’Europe valide les aides aux pêcheurs

Bruxelles a validé, vendredi, des aides de l’État français d’un montant de 13 M€ pour soutenir les pêcheurs touchés par la hausse des prix des carburants. Soit 20 centimes d’euros par litre de carburant en avril et 35 centimes par litre en mai. Celles-ci ne sont pas de nature « à fausser les conditions de concurrence de manière contraire à l’intérêt commun », selon la Commission européenne. Un feu vert européen qui intervient au lendemain de l’annonce de nouvelles mesures de soutien ciblées en France, à hauteur de 710 M€.

Mais le début de la saison estivale, caractérisée par une demande accrue en carburant, conjugué à l’absence de nouvelles exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient et à l’épuisement des réserves, pourrait faire entrer le marché pétrolier en « zone rouge » cet été, a averti le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, jeudi, à Londres.

Une seule solution

Car les attaques contre les infrastructures énergétiques des pays producteurs du Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran depuis fin février ont déjà privé le marché de plus de 14 millions de barils par jour d’approvisionnement en brut du Moyen-Orient, ce qui constitue la plus grave crise d’approvisionnement en or noir de l’Histoire. Selon Fatih Birol, l’excédent du marché pétrolier avant la guerre en Iran et la mise sur le marché inédite de 400 millions de barils provenant des réserves stratégiques et les prélèvements sur les réserves commerciales ne suffiront pas si la crise perdure. « La solution la plus importante est l’ouverture totale et inconditionnelle du détroit d’Ormuz », rappelle-t-il.

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