Le prix de l’essence a dépassé la barre des 2 euros le litre en mars, poussant de nombreux automobilistes à se tourner vers des solutions alternatives. Max, artisan nîmois, a ainsi décidé de partager ses trajets via Blablacar. Il propose d’emmener des voyageurs de Nîmes à Montpellier pour 2,99 euros. « L’augmentation du prix de l’essence m’a clairement incité à proposer de partager mes trajets longs et de loisirs. C’est la première fois et il n’y a pas eu beaucoup d’attente avant que tous les sièges soient réservés », témoigne-t-il.
Une croissance exponentielle du covoiturage
Selon Clémence Perrard, porte-parole de Blablacar, le covoiturage connaît une croissance exponentielle liée à la crise du carburant. En région Occitanie, la Lozère arrive en tête avec +82 % de places proposées en avril par rapport à février, suivie de l’Aveyron (66 %), du Gard (+59 %) et de l’Hérault (+53 %). Stella, jeune cadre dans la fonction publique, propose un trajet entre Mende et un village ardéchois pour 4,99 euros par personne. « Oui, ça me pousse à faire plus de covoiturage même si je n’ai ma voiture que depuis deux mois », confie-t-elle.
Des économies significatives pour les conducteurs
Alexandre, Biterrois de 35 ans, a gagné 25 euros ce dimanche en covoiturant trois personnes entre Béziers et Montpellier. Il compte désormais proposer ce trajet pour aller au travail. « Je suis scandalisé, Total fait un milliard de profits sur notre dos et les Français qui travaillent pâtissent de l’augmentation des prix, le gouvernement doit bloquer le tarif de l’énergie », s’insurge-t-il.
Les entreprises et collectivités encouragent le covoiturage domicile-travail
La collaboration entre usagers et grandes entreprises ou collectivités se développe, avec des aides de 1,50 à 8 euros par passager. À Montpellier, le nombre de trajets domicile-travail a augmenté de 12 % entre février et mars, et le nombre de conducteurs inscrits de 6 %.
Le train et le vélo en plein essor
SNCF Voyageurs Occitanie constate une hausse de 15 % de la fréquentation des trains régionaux liO depuis mi-mars, avec 94 000 voyageurs par jour. La Région a prolongé son dispositif de train week-end à 1 euro jusqu’au vendredi 1er mai. Par ailleurs, les ventes de vélos repartent à la hausse. Erwin, patron de Ville & Vélo à Montpellier, note : « Depuis trois semaines, nous vendons beaucoup plus de vélos. Les gens le reprennent parce que l’essence coûte trop cher. »
Des solutions radicales pour certains
Pierre, 35 ans, résidant dans le bassin alésien et travaillant à 50 km de son domicile, n’a pas trouvé de covoiturage. « Il n’est pas question de payer l’essence à ce prix-là », dit-il. Il est en arrêt maladie depuis trois semaines, grâce à un médecin complaisant.



