Conflit au Moyen-Orient : les Français se tournent vers les achats de précaution
Le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février avec l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, entraîne une hausse ciblée des ventes de produits de première nécessité dans les foyers français. Selon une analyse publiée jeudi par le cabinet spécialisé Circana, les ménages français effectuent des achats dits de « précaution », notamment des conserves de poissons, du riz ou des pâtes, sans pour autant bouleverser le marché global de la consommation.
Des pics de ventes atypiques pour certains aliments de base
Dans une note hebdomadaire couvrant la semaine du 9 au 15 mars, Circana relève que certains aliments de fond de placard affichent de fortes hausses. Emily Mayer, directrice des études de Circana, précise que les conserves de viande et légumes, le riz, les pâtes et les huiles enregistrent des pics de ventes atypiques pour cette période. La guerre au Moyen-Orient renforce vraisemblablement le sentiment d'incertitude déjà élevé, incitant certains Français à effectuer ces achats de précaution.
Dans le détail, les données montrent des augmentations significatives en volume :
- Conserves de maquereaux : +15,9 %
- Sardines : +12,1 %
- Riz : +10,2 %
- Pâtes : +8,1 %
Pas encore de « panique » généralisée sur le marché
Emily Mayer prévient néanmoins qu'il n'y a pas de quoi bouleverser le marché global. Les produits de grande consommation affichent une croissance modérée de 0,3 % sur la semaine, une donnée légèrement inférieure à la tendance observée depuis le début de l'année, qui s'établit à 0,5 %. Autrement dit, la panique n'a pas gagné les ménages, malgré ces comportements qui rappellent les achats panique de mars 2020 à l'approche du premier confinement, ainsi que ceux de fin février-début mars 2022 au déclenchement de la guerre en Ukraine.
L'experte note que les croissances sont moins marquées en 2026, ce qui pourrait indiquer que les Français s'habituent à naviguer dans un contexte instable et réagissent moins fortement aux crises géopolitiques. Elle ajoute enfin que les hausses des prix des carburants n'ont pas détourné les Français des hypermarchés, suggérant une adaptation continue des comportements de consommation face aux incertitudes.



