À l'approche de la saison estivale, les campings de l'Est-Var sont fin prêts à accueillir les vacanciers. L'été qui s'annonce se présente sous de bons auspices, avec une hausse générale de la fréquentation. Michel Nore, président du syndicat de l'hôtellerie de plein air du Var, explique que les clients choisissent le camping pour son coût abordable, comparé à l'hôtellerie traditionnelle ou aux locations d'appartements. La liberté qu'offre le camping, notamment pour les enfants, est également un argument de poids.
Le coût des vacances, un facteur déterminant
Le nerf de la guerre reste le prix des vacances. L'inflation, qui atteint 3,4 % en 2026, pèse sur le budget des ménages. Michel Nore souligne que le tarif de l'alimentaire est particulièrement problématique : « Commerces comme supermarchés, beaucoup de personnes me disent que c'est très cher, c'est vraiment la partie bloquante ! » Même au restaurant du camping, la fréquentation a baissé : les clients ne viennent plus qu'une fois par séjour, contre deux fois auparavant.
Moins de sorties, plus d'activités sur place
Les activités extérieures sont également revues à la baisse. Les visites des gorges du Verdon, par exemple, sont en forte diminution. Les vacanciers préfèrent rester dans l'enceinte du camping, profitant des piscines, des spectacles, des animations et des clubs pour enfants. Le président du syndicat observe une baisse d'au moins 30 % des sorties en voiture, signe que les gens bougent moins.
Une clientèle européenne pour des courts séjours
Les ponts du mois de mai ont attiré une clientèle européenne pour des séjours de trois ou quatre jours. Les Allemands, Belges et Hollandais, fuyant le mauvais temps de l'hiver, sont venus nombreux en avril, sans être freinés par le prix du carburant. Pour juillet et août, les réservations sont en avance, grâce à une demande accrue des tours operators pour des locations de mobile-homes et d'hébergements, ainsi qu'à une hausse des locations directes.
Une saison qui s'annonce pleine
Au mois d'août, de nombreux campings affichent complet. Juillet se remplit progressivement, avec des clients de dernière minute qui réservent en fonction de la météo. Les séjours d'une semaine, voire de quinze jours, sont courants, mais les séjours de trois semaines se font rares. Michel Nore précise que l'augmentation des tarifs dans les campings ne dépasse pas 3 %, se situant généralement entre 2 et 2,5 %, afin de ne pas pénaliser une clientèle aux budgets serrés.
Des atouts face à la conjoncture
L'hantavirus, qui a touché certains bateaux de croisière, et le climat géopolitique incitent les vacanciers à choisir le camping plutôt que les voyages lointains. La guerre en Ukraine et les conflits au Proche et Moyen-Orient poussent les gens à rester proches de chez eux. Ainsi, une clientèle aisée se tourne vers l'hôtellerie de plein air, offrant des perspectives intéressantes pour la saison.
Exemple du camping Agay Soleil
Adrien Maurisse, directeur du camping Agay Soleil à Saint-Raphaël, confirme cette tendance. Après un mois d'avril fructueux, la clientèle s'est faite plus discrète en mai, mais juin marque un regain d'affluence. Il note une augmentation des demandes de courts séjours et une clientèle majoritairement allemande, avec un peu plus de Français que d'habitude. Les Anglais et Italiens sont attendus en juillet et août. Malgré l'inflation, le camping a limité la hausse des prix à 1 euro par nuitée, passant de 24 à 25 euros, pour rester accessible.
Que ce soit en tente, camping-car, mobile-home ou chalet, la saison de l'hôtellerie de plein air est prête à décoller, portée par une demande soutenue et des tarifs compétitifs.



