Dans le monde de l'entreprise, les pratiques managériales les plus brutales sont parfois enveloppées d'un voile de mots doux, renforçant la responsabilisation et la culpabilité des salariés qui en sont victimes. Derrière des termes comme « plan de progrès », « coaching » ou « back to success », se cachent en réalité des plans d'amélioration de la performance, une méthode venue des États-Unis qui gagne du terrain dans les entreprises françaises, notamment dans le conseil et la tech.
Des objectifs souvent inatteignables
Un salarié se voit présenter une liste d'objectifs à atteindre en quelques mois, sous une surveillance managériale rapprochée. S'il ne parvient pas à redresser la barre, il est licencié pour insuffisance professionnelle. Selon des avocats spécialisés en droit du travail, tous ces plans ne se terminent pas par un licenciement, mais ils sont souvent conçus pour que le salarié échoue : objectifs flous ou inatteignables, pression intenable. Résultat : le salarié finit souvent par quitter l'entreprise de lui-même, après avoir subi une perte de confiance, un épuisement ou un arrêt de travail de longue durée.
Le langage comme outil de culpabilisation
La magie du langage voilé permet à l'organisation de prétendre « coacher » le salarié, l'aider à « progresser », à retrouver le chemin du « succès ». En cas d'échec, le salarié ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Ce mécanisme renforce le sentiment d'échec et de culpabilité de la personne ciblée, alors même que l'origine du plan est souvent une décision arbitraire de l'employeur. Cette pratique, qui se répand, pose la question de la protection des salariés face à des méthodes managériales agressives déguisées en bienveillance.



