Plusieurs grands noms du circuit mondial, Aryna Sabalenka et Jannik Sinner en tête, ont réclamé une meilleure répartition des revenus touchés par les quatre tournois majeurs. Ces dernières semaines, les appels au boycott puis aux manifestations se multiplient du côté des plus grands joueurs à l’approche de Roland-Garros (24 mai - 7 juin). Ils réclament une plus grande part des revenus totaux des Grands Chelems, qu’ils jugent insuffisante. Mais l’évolution récente du prize money ne leur est pas toujours aussi défavorable qu’ils le prétendent. Les comparaisons entre tournois du Grand Chelem restent cependant délicates, les données financières n’étant pas systématiquement publiées et les indicateurs retenus pour mesurer les revenus variant d’un tournoi à l’autre.
Open d’Australie
Selon le dernier rapport annuel de Tennis Australia, qui organise le premier Grand Chelem de la saison à Melbourne, les revenus se sont élevés à 590,45 millions de dollars australiens entre septembre 2023 et septembre 2024, avant de bondir à 692,69 millions de dollars pour l’exercice 2024/2025. Dans le même temps, l’Open d’Australie a versé une dotation de 86,5 millions de dollars aux participants à l’édition 2024 et 96,5 millions de dollars de prize money en 2025. La part des revenus de Tennis Australia reversée aux participants à l’Open d’Australie a donc baissé sur un an, passant de 14,65 % en 2024 à 13,93 % en 2025. « Les revenus des tournois du Grand Chelem ont significativement augmenté ces dernières années, mais la part de ces revenus perçue par les joueurs a décru », a regretté jeudi matin une membre de l’entourage d’une joueuse de premier plan. Un constat qui ne se vérifie cependant pas à Wimbledon ni à l’US Open.
Roland-Garros
En 2024, la dotation de 53,48 millions d’euros représentait 15,47 % des quelque 346 millions de chiffre d’affaires générés par Roland-Garros, selon le procès-verbal de l’assemblée générale de la Fédération française de tennis. Dans le même document, la Fédération Française de Tennis prévoyait un chiffre d’affaires de 390,5 millions d’euros pour l’édition 2025. Aucune estimation du chiffre d’affaires réellement généré par la dernière édition de Roland-Garros n’a été publiée depuis. Les 56,35 millions d’euros de prize money prévus en 2025 représentent 14,4 % du chiffre d’affaires envisagé par la FFT avant le tournoi. La tendance est donc la même que pour l’Open d’Australie : le pourcentage de revenus reversé aux joueurs a diminué entre 2024 et 2025. Début mai, la FFT insistait cependant sur le « cadre économique spécifique » du Grand Chelem parisien. La deuxième fédération sportive du pays « est une organisation à but non lucratif, et l’ensemble des revenus générés par le tournoi est réinvesti dans Roland-Garros, ainsi que dans le développement du tennis en France et à l’international », précisait-on alors à la FFT.
Wimbledon
Les comptes 2025 de l’All England Lawn Tennis Club (AELTC), qui organise le tournoi de Wimbledon, révèlent une hausse de son chiffre d’affaires entre 2024 et 2025. Les revenus sont passés de 406,51 millions de livres britanniques à 423,63 millions. Dans le même temps, la dotation a gonflé sur un an de 50 à 53,5 millions de livres. Contrairement à l’Open d’Australie et Roland-Garros, le pourcentage de revenus de l’AELTC reversé aux joueurs a donc légèrement augmenté (12,3 % en 2024 puis 12,63 % en 2025).
US Open
Selon le dernier rapport financier de la Fédération américaine de tennis (USTA), les revenus d’exploitation de l’US Open ont progressé de 514,1 millions de dollars américains en 2023 à 559,66 millions en 2024. Le prize money a progressé pour sa part de 10 millions sur un an, grimpant de 65 millions de dollars en 2023 à 75 millions en 2024. Les participants au Grand Chelem new-yorkais ont donc perçu 12,64 % des revenus d’exploitation du tournoi en 2023 et 13,4 % un an plus tard.
Ces données montrent que la part des revenus reversée aux joueurs varie selon les tournois : elle a diminué à Melbourne et Paris, mais a augmenté à Londres et New York. Les joueurs continuent de plaider pour une meilleure répartition, mais les réalités financières de chaque Grand Chelem diffèrent.



