Le monopole des boutiques Relay, détenues par le groupe Bolloré, dans les gares françaises suscite une contestation croissante. Les voyageurs dénoncent des prix excessifs et un choix restreint de produits, tandis que des élus locaux remettent en question la légitimité de cette position dominante.
Des prix jugés abusifs
Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir publiée en 2025, les prix pratiqués dans les Relay sont en moyenne 30 % plus élevés que dans les commerces de proximité situés à l'extérieur des gares. Par exemple, une bouteille d'eau de 50 cl y coûte 2,50 euros, contre 1,80 euro en moyenne ailleurs. Les voyageurs réguliers, comme Jean-Pierre, un cadre de 45 ans qui prend le train chaque semaine entre Paris et Lyon, témoigne : "Je n'ai pas le choix, je dois acheter mon café à 4 euros, c'est un véritable racket."
Un contrat d'exclusivité contesté
Le groupe Bolloré a obtenu en 2010 un contrat d'exclusivité pour une durée de 15 ans, renouvelable, avec la SNCF Gares & Connexions. Ce contrat concerne environ 800 points de vente dans les gares françaises. Selon le quotidien Le Monde, ce contrat a été signé sans appel d'offres public, ce qui a valu à la SNCF des critiques de la part de la Commission européenne. En 2023, la Commission a ouvert une enquête pour pratiques anticoncurrentielles, toujours en cours.
Des voix s'élèvent contre le monopole
Plusieurs associations de consommateurs, dont Familles Rurales, ont lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 120 000 signatures en juin 2026. Elles demandent la fin du monopole et l'ouverture des gares à davantage de commerces indépendants. De leur côté, des élus locaux, comme le maire de Rennes, Nathalie Appéré, ont interpellé le gouvernement : "Les gares sont des lieux publics, elles doivent offrir des services à des prix justes, pas servir les intérêts d'un seul groupe."
La réponse de Bolloré
Le groupe Bolloré se défend en arguant que les prix plus élevés sont justifiés par des coûts de fonctionnement plus importants en gare (loyers, sécurité, horaires étendus). Dans un communiqué, Relay France affirme : "Nous proposons une offre de proximité indispensable aux voyageurs, avec des produits de qualité et un service 7 jours sur 7. Les comparaisons avec les commerces extérieurs ne tiennent pas compte de ces contraintes." Cependant, cette justification ne convainc pas les opposants, qui pointent du doigt les marges bénéficiaires du groupe, estimées à 15 % du chiffre d'affaires.
Vers une remise en cause du monopole ?
Le gouvernement, par la voix du ministre des Transports, a indiqué en mai 2026 qu'il étudiait la possibilité de réformer les concessions dans les gares. Une mission parlementaire a été confiée à la députée LFI Clémentine Autain, qui doit rendre son rapport en septembre 2026. Selon des sources proches du dossier, une ouverture à la concurrence pourrait être envisagée, avec des appels d'offres pour des lots plus petits, permettant à des commerces locaux de s'installer.



