Fréjus : Claudette Aimar cherche un repreneur pour la boutique familiale de prêt-à-porter fondée en 1955
Fréjus : Claudette Aimar cherche repreneur pour boutique familiale

Familles commerçantes : l'histoire de la transmission des Aimar, institution du prêt-à-porter à Fréjus

Dans le centre-ville de Fréjus, derrière un store couleur sable, la vitrine de la boutique Aimar dévoile un nuancier chamarré d'étoffes soigneusement disposées. Depuis 71 ans, cette enseigne est une institution du prêt-à-porter au cœur de la cité romaine, proposant des vêtements pour homme, femme, et même des tenues professionnelles comme des blouses médicales ou des tabliers de cuisine. Aujourd'hui, Claudette Aimar, la patronne des lieux, s'apprête à prendre sa retraite et cherche activement un repreneur pour perpétuer l'héritage familial.

Une histoire de famille ancrée dans le territoire

L'aventure commence en mars 1955, lorsque Bernard Aimar, avec son épouse Roseline, ouvre cette boutique dans une ancienne chapellerie. À l'origine, Bernard vendait des vêtements au marché de Caïs, profitant de la présence de nombreux militaires du camp voisin. Avec le déclin de cette clientèle, il s'installe dans le centre-ville, suivant le mouvement des commerçants de l'époque. Bernard s'éteint en 1976, laissant sa femme Roseline gérer les affaires.

Claudette Aimar, alors en première au lycée Saint-Exupéry, quitte les bancs de l'école pour aider sa mère. « Ce magasin, c'est mon père qui l'a créé avec ma mère. C'est lui qui travaillait à la boutique et ma mère faisait les ourlets, l'aidait, l'accompagnait », explique-t-elle. En 1984, Roseline prend sa retraite, et Claudette reprend le flambeau, rejointe par sa sœur Nicole pendant une quinzaine d'années avant de continuer seule.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un commerce à l'ancienne face aux défis modernes

La boutique Aimar a su traverser les âges en s'adaptant sans se renier, s'appuyant sur une relation de proximité avec sa clientèle. « Quand un client vient, et qu'il m'achète un pantalon, je fais l'ourlet, c'est offert. Comme on a toujours fait finalement », glisse Claudette. Cette approche artisanale, devenue rare à l'heure du tout-internet, est un gage de qualité et de fidélité. « J'ai toujours mis un point d'honneur à miser sur la qualité. Souvent les clients me disent : 'Mon Dieu, j'ai encore tels et tels vêtements qui viennent de chez vous !', c'est très gratifiant ! »

Claudette évoque aussi ses souvenirs d'enfance : « Je venais aider mon père déjà quand j'étais petite. À l'époque, les magasins étaient ouverts le dimanche. Je jouais déjà à la vendeuse, j'essayais de faire cinq minutes ! » Aujourd'hui, ses petits-neveux perpétuent cette tradition en jouant au marchand dans la boutique, symbolisant la transmission intergénérationnelle.

La quête d'un successeur pour perpétuer l'héritage

Après une vie de commerçante à cent à l'heure, Claudette Aimar s'apprête à prendre sa retraite dans quelques mois. « Aujourd'hui, c'est à mon tour de prendre ma retraite. J'aimerais tellement trouver quelqu'un pour reprendre la boutique et perpétuer cet héritage ! », confie-t-elle. Elle formule le vœu qu'un passionné se dévoile pour que la porte de sa boutique ne reste pas close après son départ.

Regardant vers l'horizon, elle semble retracer le cours de son existence derrière le comptoir familial : « J'espère que mon père est fier de moi… ». Désormais, elle aspire à des voyages et du temps en famille, tout en espérant que l'aventure Aimar continue avec un nouveau repreneur, préservant ainsi un pan de la mémoire collective fréjusienne.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale