La Cour des comptes a publié un rapport sévère le 30 juin 2026, épinglant l'Agence nationale du sport (ANS) pour sa gestion du financement des grands équipements sportifs. Selon le rapport, l'ANS a alloué plus de 1,2 milliard d'euros entre 2020 et 2025 à des projets comme des stades, des piscines et des complexes multisports, mais avec un manque de transparence et une répartition inégale entre les territoires.
Un financement opaque et inégalitaire
La Cour souligne que les critères d'attribution des subventions sont flous et souvent influencés par des considérations politiques locales. « Il n'existe pas de grille d'évaluation objective des projets, ce qui conduit à des disparités importantes entre les régions », indique le rapport. Les collectivités les plus riches ont reçu en moyenne 30% de subventions supplémentaires par rapport aux zones rurales ou défavorisées.
Parmi les exemples cités, la rénovation du stade de la ville de Lyon a bénéficié de 45 millions d'euros, tandis que des projets similaires dans des villes moyennes comme Bourges n'ont obtenu que 5 millions. « Cette inégalité compromet l'objectif de cohésion territoriale du sport », ajoute la Cour.
Un appel à une réforme urgente
Le rapport recommande une réforme en profondeur du système de financement. La Cour propose notamment de créer un comité d'experts indépendants pour évaluer les dossiers, de fixer des plafonds de subventions par projet et d'introduire une part variable liée aux performances en matière d'accès au sport pour tous. « Il est impératif de rationaliser les dépenses et de garantir une répartition équitable », insiste le président de la Cour, Jean-Luc Durand.
L'ANS, de son côté, a répondu en annonçant une révision de ses procédures. Son directeur général, Marie Dupont, a déclaré : « Nous prenons acte des critiques et nous nous engageons à mettre en place des critères plus transparents dès 2027. » Cependant, la Cour estime que les mesures annoncées restent insuffisantes.
Impact sur les projets futurs
Ce rapport pourrait ralentir le lancement de nouveaux équipements, notamment dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques de 2030. Plusieurs projets, comme le centre aquatique de Marseille, sont déjà sous surveillance. Les associations d'élus locaux appellent à un dialogue renforcé avec l'État pour éviter des blocages.
En conclusion, la Cour des comptes exige une refonte du modèle de financement avant la fin de l'année 2026, sous peine de voir les inégalités territoriales s'aggraver. Le ministère des Sports a promis une réponse dans les trois mois.



