La Suède fait marche arrière sur le sans-cash et impose l'argent liquide
Suède : retour forcé à l'argent liquide dans les supermarchés

La Suède opère un virage à 180 degrés sur l'argent liquide

La Suède, longtemps présentée comme le modèle de la société sans espèces, effectue un spectaculaire retour en arrière. Le gouvernement suédois vient d'annoncer qu'il allait obliger les supermarchés et les pharmacies à accepter les paiements en espèces, marquant un revirement complet de politique.

Un projet de loi pour réintroduire le cash

Le projet de loi, présenté mercredi, exige également que les banques permettent à leurs clients de déposer des espèces et que les commerces aient accès à des services pour déposer leurs recettes quotidiennes en cash. Cette mesure intervient après que la banque centrale suédoise a recommandé, début du mois, aux ménages de garder 1.000 couronnes (environ 93 euros) en espèces par adulte.

Cette somme doit couvrir une semaine d'achats de produits de première nécessité, selon les directives officielles. La banque centrale a également exhorté les Suédois à s'assurer de disposer de plusieurs moyens de paiement, incluant espèces, cartes de crédit et services de paiement en ligne via téléphone portable.

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Une société profondément dématérialisée

La transition de la Suède vers une société sans espèces s'est déroulée rapidement ces dernières années. De nombreux Suédois n'ont pas touché de billets depuis des années, car très peu de restaurants et de magasins acceptent les espèces. Pratiquement tous les paiements se font par carte ou via des services en ligne.

La plupart des agences bancaires n'acceptent plus les dépôts ou les retraits d'espèces, orientant systématiquement les clients vers les services bancaires en ligne. Selon les statistiques officielles, la quantité d'argent liquide en circulation dans le pays scandinave a quasiment diminué de moitié depuis 2008.

L'émergence du débat sur l'exclusion numérique

« La numérisation de la société s'est déroulée très rapidement et a créé de nombreuses opportunités, mais elle a également entraîné certains risques », a déclaré le ministre de l'Administration publique. « L'un des principaux risques est que l'exclusion numérique se généralise, notamment parmi les personnes âgées », a-t-il ajouté.

Cette prise de position officielle va à contre-courant des dispositions prises ces dernières années. Le ministre précise qu'il était « important pour renforcer notre état de préparation » d'exiger des supermarchés et des pharmacies qu'elles acceptent les paiements en espèces.

Un contexte géopolitique qui change la donne

Ce rétropédalage en règle intervient dans un contexte particulier. La banque centrale a explicitement mentionné la nécessité de disposer de plusieurs moyens de paiement « en cas de perturbations temporaires, de crise ou, dans le pire des cas, de guerre ». Cette référence directe aux tensions internationales, notamment depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, montre comment les considérations géopolitiques influencent désormais les politiques monétaires nationales.

Le gouvernement suédois reconnaît ainsi que la sécurité nationale et la résilience économique passent par le maintien d'options de paiement diversifiées, y compris l'argent liquide traditionnel.

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