Private equity pour particuliers : des rendements inférieurs aux promesses des fonds professionnels
Private equity grand public : rendements inférieurs aux fonds pros

Le private equity pour tous : des rendements plus modestes que prévu

Les fonds de private equity, ces véhicules d'investissement spécialisés dans les actifs non cotés comme le capital de start-up ou la dette d'entreprises de taille intermédiaire, cherchent activement à séduire les épargnants particuliers. Leur argument principal ? Des rendements annuels supérieurs à 10% qui font rêver. Cependant, cette performance spectaculaire concerne exclusivement les portefeuilles 100% investis en actifs privés, réservés aux investisseurs professionnels et aux fortunes importantes.

La réalité des produits accessibles aux particuliers

Les produits financiers destinés aux épargnants individuels, qui se multiplient sur le marché depuis plusieurs mois, ne peuvent prétendre à de tels bénéfices. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • Amundi vise un rendement annuel moyen de 8% pour son fonds Prima, investi dans des actifs privés et des infrastructures
  • La Banque postale Asset Management communique sur des performances de 6% à 7% pour son fonds LBP AM Private Opportunities
  • Chez Axa-BNP, 10 000 euros placés sur le Eltif 2 AXA Financement Entreprises en 2024 vaudraient aujourd'hui un peu plus de 10 700 euros nets

Ces rendements, bien que respectables, restent significativement inférieurs aux promesses faites aux investisseurs institutionnels.

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Le cadre réglementaire Eltif : protection contre performance

Pour comprendre cet écart entre private equity « pur » et fonds destinés aux particuliers, il faut examiner la structure de ces derniers. Pour être distribués à travers l'Europe, ces produits doivent obligatoirement obtenir le label Eltif (European Long-Term Investment Fund). Ce cadre réglementaire, adopté en 2015 puis profondément révisé en 2024, poursuit deux objectifs principaux selon Didier Deleage, directeur adjoint de la gestion d'actifs pour l'Autorité des marchés financiers : « La protection de l'investisseur et le besoin de financer l'économie réelle ».

Depuis janvier 2024, les fonds labellisés Eltif doivent respecter des règles strictes :

  1. Détenir au minimum 55% d'actifs non cotés
  2. Plafonner leurs rachats en fonction de leur poche d'actifs liquides

Cette poche d'actifs liquides peut représenter jusqu'à 45% du portefeuille selon les choix du gestionnaire, ce qui impacte directement la performance potentielle.

La diversification : un frein à la croissance

Mara Dobrescu, responsable de la recherche sur les fonds obligataires pour Morningstar, constate : « En moyenne, 15% à 20% des portefeuilles sont investis sur des actions classiques, des obligations ou des liquidités. Ce qui pénalise une partie de la croissance potentielle. » Cette diversification, imposée par la réglementation pour protéger les épargnants, réduit mécaniquement les possibilités de rendement élevé.

Les fonds de private equity accessibles aux particuliers représentent donc un compromis entre performance et sécurité. Si leurs rendements annuels de 6% à 8% restent attractifs comparés à certains placements traditionnels, ils ne peuvent rivaliser avec les 10%+ promis aux investisseurs professionnels qui acceptent des risques plus importants et des horizons de placement plus longs.

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