Un rapport d'information de l'Assemblée nationale, publié le 15 juillet 2025, dénonce le manque criant de données disponibles sur les plus hauts patrimoines en France. Les députés auteurs du texte estiment que cette absence d'informations précises entrave le débat public sur la fiscalité et les inégalités.
Un constat alarmant sur la transparence des données
Selon le rapport, les données actuellement accessibles sur les très hauts patrimoines sont insuffisantes pour permettre une analyse rigoureuse de leur évolution et de leur répartition. Les députés soulignent que l'administration fiscale dispose d'informations détaillées, mais celles-ci ne sont pas rendues publiques de manière suffisante. "Nous avons besoin de données transparentes pour éclairer les choix politiques, notamment en matière de fiscalité", a déclaré la rapporteure du texte, la députée LFI Sarah Legrain.
Des conséquences sur le débat fiscal
Ce manque de données a des implications directes sur les discussions autour de l'impôt sur la fortune et d'autres mesures de redistribution. Le rapport cite l'exemple de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), dont l'efficacité est difficile à évaluer faute de statistiques fiables sur les patrimoines concernés. "Comment pouvons-nous débattre sereinement de la fiscalité des ultra-riches si nous ne savons même pas combien ils possèdent réellement ?", s'interroge le rapport.
Des propositions pour améliorer la situation
Face à ce constat, les députés formulent plusieurs recommandations. Ils préconisent notamment la création d'un observatoire des très hauts patrimoines, qui serait chargé de collecter et de publier des données anonymisées. Ils suggèrent également de renforcer les obligations déclaratives des contribuables les plus fortunés, afin de mieux cerner l'ampleur des patrimoines. "Il ne s'agit pas de stigmatiser qui que ce soit, mais de disposer d'outils objectifs pour guider l'action publique", précise le rapport.
Un enjeu de justice sociale
Pour les auteurs, la transparence sur les hauts patrimoines est une question de justice sociale. "L'opacité actuelle favorise les inégalités et nourrit la défiance envers les institutions", estime le rapport. Selon une étude citée dans le texte, les 1% les plus riches détiennent près de 25% du patrimoine total en France, mais les données précises sur cette concentration font défaut. Les députés espèrent que leurs propositions permettront de remédier à cette situation et de rétablir un débat démocratique éclairé.



