Fitch Ratings maintient la note A+ de la France
L'agence de notation Fitch Ratings conserve actuellement la note de la France à A+, considérant ainsi sa dette comme « de qualité moyenne supérieure ». Elle doit annoncer vendredi soir si elle modifie cette évaluation, après avoir été la première des trois grandes agences à l'abaisser en septembre dernier en raison des incertitudes politiques. À ce stade, l'impact potentiel de la guerre au Moyen-Orient ne devrait pas être pris en compte dans cette décision.
Les inquiétudes persistantes de Fitch
À l'automne, Fitch avait déjà souligné « le faible bilan » de la France en matière de réduction du déficit public et de respect des règles budgétaires européennes. L'agence s'inquiétait également de « la fragmentation et de la polarisation croissantes de la vie politique française », des préoccupations qui restent d'actualité.
Les finances publiques françaises sous surveillance accrue
Six mois après la dernière notation, la situation économique montre quelques signes mitigés :
- La croissance pour 2025 s'est avérée légèrement meilleure que prévu, atteignant 0,9% au lieu des 0,7% anticipés par le gouvernement.
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réussi à faire adopter un budget « de compromis » en février avec le soutien des socialistes.
- Le budget 2026 n'a été adopté qu'au prix d'une réduction du déficit public moins importante qu'espérée, fixée à 5% du PIB au lieu de 4,7% initialement prévu.
Cette situation résulte des concessions importantes faites à la gauche, notamment la suspension de la réforme des retraites, qui complique l'assainissement des finances publiques.
L'impact limité de la guerre au Moyen-Orient
Il semble prématuré que Fitch intègre dans sa notation les éventuelles conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques françaises. Jeudi sur France Inter, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a reconnu que le conflit pourrait « entraîner un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance », mais que son ampleur « dépendrait de la durée du phénomène ».
Il a assuré qu'il n'y aurait pas de récession, notant que « 2026 n'est pas 2022 », année marquée par le début de la guerre en Ukraine qui avait provoqué une flambée des prix des matières premières. Éric Dor, professeur à l'IESEG, ajoute que la France est relativement protégée contre une inflation liée au pétrole et au gaz grâce à son importante production d'énergie nucléaire.
Statu quo ou abaissement : les pronostics des économistes
Les experts sont partagés sur la décision attendue de Fitch :
- Éric Dor estime à environ 75% les chances d'un statu quo contre 25% pour un abaissement de la perspective de « stable » à « négative », ce qui anticiperait un futur abaissement de la note elle-même.
- Anthony Morlet-Lavidalie, de l'institut Rexecode, ne croit pas à une modification, arguant que les agences de notation « ont les mains libres » mais qu'elles hésiteraient à créer davantage de tensions internationales en abaissant la note française.
Le calendrier des autres agences de notation
Les deux autres grandes agences se prononceront prochainement sur la note française :
- Moody's rendra sa décision le 10 avril, classant actuellement la France Aa3 (en bas de la catégorie « qualité haute ou bonne ») avec une perspective négative.
- S&P Global Ratings suivra le 29 mai, ayant déjà abaissé la note à A+ à l'automne avec une perspective stable.
Ces évaluations successives maintiendront la pression sur les finances publiques françaises dans les mois à venir, alors que le gouvernement cherche à concilier exigences budgétaires et réalités politiques.



