La Banque centrale européenne (BCE) a fait marche arrière ce jeudi, laissant entendre qu'une hausse des taux d'intérêt lors de sa prochaine réunion de juillet est désormais improbable. Cette décision intervient alors que l'inflation dans la zone euro montre des signes de ralentissement et que la croissance économique stagne.
Un revirement de la BCE
Lors d'une conférence de presse, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué que les données économiques récentes suggèrent que l'inflation pourrait revenir à l'objectif de 2 % plus tôt que prévu. "Nous devons être prudents et ne pas agir prématurément", a-t-elle déclaré. "Les perspectives d'inflation se sont améliorées, et nous devons laisser les mesures déjà prises produire leurs effets."
Cette annonce marque un changement de ton par rapport à la réunion précédente, où la BCE avait laissé entendre qu'une hausse des taux en juillet était possible. Les marchés financiers avaient alors anticipé une augmentation de 25 points de base.
L'inflation ralentit, la croissance stagne
L'inflation dans la zone euro est passée de 2,6 % en mai à 2,5 % en juin, selon les données publiées mardi. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, a également baissé, passant de 2,9 % à 2,8 %. Parallèlement, la croissance économique du premier trimestre 2026 a été révisée à la baisse, à 0,1 % par rapport au trimestre précédent.
"La croissance économique reste atone, et une hausse des taux maintenant pourrait étouffer la reprise", a expliqué un économiste de la banque ING. "La BCE semble avoir compris que le resserrement monétaire doit être plus progressif."
Impact sur les marchés et les emprunteurs
Les marchés boursiers ont accueilli la nouvelle favorablement, l'indice Euro Stoxx 50 gagnant 1,2 % après les déclarations de Lagarde. En revanche, l'euro a légèrement reculé face au dollar, passant de 1,08 à 1,07 dollar. Les rendements des obligations d'État allemandes à 10 ans ont baissé de 10 points de base, à 2,3 %.
Pour les emprunteurs, ce report de hausse des taux offre un répit temporaire. "Les ménages et les entreprises peuvent souffler un peu, mais il ne faut pas s'attendre à une baisse des taux avant la fin de l'année", a commenté un analyste de la banque BNP Paribas.
Prochaines étapes pour la BCE
La BCE se réunira à nouveau les 20 et 21 juillet. Les économistes estiment que la banque centrale pourrait maintenir ses taux inchangés jusqu'en septembre, date à laquelle de nouvelles projections économiques seront disponibles. "La BCE a besoin de plus de données pour être certaine que l'inflation est bien maîtrisée", a déclaré un expert de la banque Deutsche Bank.
En attendant, la BCE continue de réinvestir les remboursements des obligations arrivant à échéance dans le cadre de son programme d'achat d'actifs, maintenant ainsi un certain soutien à l'économie.



