Les banques françaises tardent à intégrer les cryptoactifs malgré MiCA
Banques françaises : lente adoption des cryptoactifs post-MiCA

L'adoption timide des cryptoactifs par les banques historiques françaises

Si les investisseurs manifestent un intérêt croissant pour les cryptoactifs, les principales banques françaises peinent encore à adapter leur offre à cette tendance émergente. Cette situation persiste malgré un environnement réglementaire devenu plus favorable avec l'entrée en vigueur, fin 2024, du règlement européen sur les marchés de cryptoactifs, connu sous le nom de MiCA.

Un cadre réglementaire assoupli mais une adoption lente

En décembre 2025, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a assoupli sa doctrine concernant les produits financiers dits « complexes ». L'AMF a reconnu que certains cryptoactifs « ne présentent plus un caractère inhabituel pour une clientèle non professionnelle ». Cette évolution ouvre théoriquement la voie à la commercialisation d'ETN (exchange-traded notes), des titres de créances adossés à des actifs numériques.

Cependant, pour les grands réseaux bancaires historiques, ce virage réglementaire est encore trop récent pour se concrétiser par de nouvelles offres grand public. Même si certaines institutions affirment réfléchir à la question, les ETN liés aux cryptoactifs restent absents des catalogues de produits d'investissement de poids lourds comme BNP Paribas, le Crédit agricole ou Société générale.

La priorité aux stablecoins pour les professionnels

Société générale, par l'intermédiaire de sa filiale spécialisée SG-Forge, donne actuellement la priorité aux stablecoins. Ces cryptoactifs particuliers visent à répliquer la valeur d'une monnaie traditionnelle, comme le dollar ou l'euro. « Ils jouent le rôle de vecteur d'entrée dans le monde des cryptos », explique Jean-Marc Stenger, directeur général de SG-Forge.

Néanmoins, ces produits sont avant tout conçus et destinés aux investisseurs institutionnels et professionnels, laissant les épargnants particuliers sur le carreau.

Les acteurs de niche et en ligne prennent le relais

Face à cette frilosité des établissements traditionnels, les épargnants souhaitant s'exposer aux cryptoactifs doivent se tourner vers d'autres types d'intermédiaires :

  • Les banques en ligne et les néobanques.
  • Les acteurs spécialisés et de niche.

Parmi ces derniers, on trouve Hexarq, une filiale du groupe Banque populaire Caisse d'épargne (BPCE). Cette entité propose des services de trading et de conservation de cryptoactifs, mais son accès est actuellement restreint aux clients de seulement quatre caisses régionales du groupe.

De son côté, BoursoBank, la filiale en ligne de Société générale, a franchi le pas en proposant une sélection d'ETN crypto. Xavier Prin, le directeur marketing, précise que ces produits sont « listés sur les marchés réglementés, émis par des établissements régulés, avec des notices d'information, de la liquidité et une contrepartie ».

Ces ETN présentent l'avantage de pouvoir être détenus sur un compte-titres ordinaire et bénéficient, sous conditions, de la garantie des dépôts jusqu'à 70 000 euros, un argument de sécurité non négligeable pour les investisseurs prudents.

En définitive, si le paysage réglementaire français et européen s'est ouvert aux cryptoactifs, leur intégration dans l'offre grand public des banques historiques françaises suit un rythme mesuré, créant une opportunité que saisissent acteurs en ligne et spécialistes.