La défense de l'assurance-vie par la directrice de France mutualiste
Isabelle Lebot, directrice générale de France mutualiste, a lancé un appel vibrant pour cesser de mépriser et de stigmatiser l'épargne des Français, en particulier l'assurance-vie. Dans un contexte où le rendement du livret A s'effondre, elle rappelle que ce placement finance massivement l'économie réelle et constitue un pilier essentiel pour la retraite de millions de citoyens.
Un débat parlementaire jugé stigmatisant
Intervenant dans l'émission Good Morning Business, Isabelle Lebot a vivement critiqué les discussions ayant entouré l'examen du projet de loi de finances cet automne. "Le débat qui a eu lieu pendant la loi de finances a été un peu stigmatisant", a-t-elle déclaré, dénonçant une présentation de l'assurance-vie comme un simple coffre-fort. Elle a souligné que cette vision caricaturale revient à traiter avec mépris l'épargne longue des ménages.
Cette réaction fait suite aux tentatives des socialistes de créer un nouvel impôt sur la fortune ciblant spécifiquement l'assurance-vie, malgré l'opposition du gouvernement. Pour la dirigeante, également membre du Comex de Malakoff Humanis, il est urgent de changer de perspective sur cet instrument financier.
L'assurance-vie, moteur de l'économie réelle
"Si on est factuel, l'assurance-vie finance l'économie réelle", a martelé Isabelle Lebot. Elle a détaillé la répartition des investissements :
- Deux tiers des fonds placés financent des obligations, c'est-à-dire de la dette pour les entreprises
- Le reste est investi en actions et en immobilier
- Un tiers supplémentaire soutient la dette souveraine, finançant ainsi les services publics
Cette allocation stratégique contribue directement au développement économique français et européen, loin de l'image d'un placement de luxe réservé aux plus aisés.
Un placement devenu incontournable pour les Français
Dans un environnement économique incertain, l'assurance-vie a connu une année record en 2025 et devrait poursuivre sa progression en 2026. "C'est le placement préféré des Français", a rappelé Isabelle Lebot, représentant environ 20% de l'épargne nationale, soit près de 2,2 milliards d'euros selon les données du Trésor.
Cette popularité contraste fortement avec le déclin du livret A, dont le taux a chuté à seulement 1,5% au 1er février, ne représentant plus que 15% de l'épargne des ménages. La dirigeante a souligné que les fonds en euros offrent désormais un rendement moyen de 2,55%, surpassant ainsi le livret A qui a versé en moyenne 2,16% l'année dernière.
L'épargne, une préoccupation universelle
Isabelle Lebot a insisté sur le caractère démocratique de l'épargne : "90% des Français considèrent qu'il faut épargner, même ceux qui ont des petits revenus". Parmi eux, 67% épargnent spécifiquement pour préparer leur retraite, démontrant la dimension sociale et prévoyante de cette pratique.
"Quand on est dans l'incertitude, on épargne", a-t-elle analysé, expliquant la recrudescence des investissements dans les fonds euros face à l'angoisse économique ambiante. Derrière chaque placement se cachent des histoires personnelles, des renoncements et des efforts quotidiens qui méritent respect et considération plutôt que stigmatisation politique.



