Assurance-vie 2026 : naviguer dans un contexte géopolitique incertain
Le début de l'année 2026 s'ouvre sur une scène géopolitique particulièrement agitée, avec des dossiers sensibles en Ukraine, en Iran, au Venezuela ou encore au Groenland. Ces tensions internationales pourraient générer des surprises et des inquiétudes dans les mois à venir. Pourtant, les marchés financiers semblent de plus en plus insensibles à ce type d'actualité, se contentant de réactions éphémères rapidement effacées.
Pour les épargnants, la transition entre 2025 et 2026 ne marque pas de rupture significative. Le paysage financier reste caractérisé par des taux d'intérêt bas à court terme mais plus élevés sur le long terme, des indices boursiers globalement chers et un marché immobilier en phase de convalescence. Dans ce contexte, l'inaction n'est pas une option viable. Il devient essentiel de suivre les évolutions en cours : réduire ses placements de court terme, opérer des choix judicieux sur les actifs risqués et diversifier au maximum son patrimoine. Tout en se préparant à l'imprévu, que tout financier expérimenté redoute.
Évaluer la qualité du fonds en euros
Tous les contrats d'assurance-vie ne se valent pas, car une multitude d'offres coexistent sur le marché. Le premier critère à examiner concerne la qualité du fonds en euros, ce produit à capital garanti qui constitue l'une des composantes essentielles de l'assurance-vie. En 2025, le taux moyen devrait se situer autour de 2,60 %, mais avec des écarts significatifs : les contrats les moins performants plafonnent à 1,50 % tandis que les meilleurs dépassent les 4 %.
La régularité prime sur la performance exceptionnelle, comme le souligne Laetitia Leblond, directrice adjointe du courtage à la Banque Neuflize OBC. Il est préférable de privilégier un fonds en euros régulier et durablement au-dessus de la moyenne plutôt qu'une performance isolée mais instable.
Profiter des bonus de rémunération
Pour améliorer la rémunération, de nombreuses compagnies proposent des bonus. "Certains assureurs offrent un bonus sur le stock du fonds en euros, d'autres uniquement sur les nouveaux versements, ou encore les deux, parfois en le conditionnant à une part d'unités de compte", explique Catherine Baudeneau, porte-parole d'Altaprofits. Les unités de compte regroupent l'ensemble des supports dont le capital n'est pas garanti.
Par exemple, le fonds en euros SwissLife du contrat Placement-direct Vie a servi en 2025 un rendement de 1,90 % pour les épargnants détenant moins de 40 % d'unités de compte, de 2,40 % pour ceux ayant entre 40 % et 60 % d'UC, et de 3,25 % au-delà. Autre illustration avec le fonds Netissima de Generali : un bonus de 1,50 % sera ajouté au rendement du fonds en euros en 2026 et 2027 sur les nouveaux versements du premier semestre 2026, à condition d'investir au moins 30 % en unités de compte.
"Cette offre permet de viser un rendement d'environ 4,50 % en 2026 et 2027, ce qui fait de Netissima l'un des placements sécuritaires les plus rémunérateurs du marché", estime Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct. Cependant, ces offres attractives ne doivent pas dicter la stratégie d'investissement. "Les bonus ne doivent pas constituer un élément déclencheur pour investir car ils sont limités dans le temps", rappelle Hugues Bellamy Brown, directeur du courtage de la Banque Neuflize OBC.
Maîtriser les frais du contrat
Les différents frais facturés dans l'assurance-vie réduisent directement la performance globale. On distingue principalement :
- Les frais sur versements : réglés à chaque entrée d'argent sur le contrat. Les contrats Internet n'en prévoient généralement pas, mais ceux des banques et des assureurs peuvent parfois dépasser 4 %. La négociation reste possible, surtout à l'ouverture du contrat : au-delà de 2,50 %, il est conseillé de passer son chemin.
- Les frais de gestion : prélevés chaque année. "Les contrats en ligne affichent entre 0,50 et 0,70 %, contre 0,90 % à 1,10 % pour les contrats traditionnels", résume Gilles Belloir.
À ces frais peut s'ajouter le coût d'une gestion pilotée, avec un surcoût pouvant atteindre 0,80 % sur les frais de gestion des unités de compte. "Dans certains cas, cette option n'est pas facturée, mais le mandat comporte alors majoritairement des fonds maison. Mieux vaut payer un peu plus cher et bénéficier d'une vraie diversification sur les meilleurs produits du marché", conseille Gilles Belloir. Attention également aux éventuels frais d'arbitrage facturés à chaque opération de vente d'une unité de compte au profit d'une autre.
Diversifier suffisamment son contrat
Les unités de compte représentent le véritable moteur de la performance de l'assurance-vie. Elles sont investies sur toutes les catégories de placements : actions, obligations, monétaire, immobilier, etc. L'épargnant peut réaliser des gains ou subir des pertes en fonction des performances des marchés et du choix des produits.
Certains contrats donnent accès à quelques poignées de fonds seulement, d'autres à plusieurs milliers. "Ce n'est pas une question de quantité mais de qualité. Nos contrats proposent entre 400 et 500 supports, ce qui est largement suffisant pour permettre une bonne diversification sur toutes les classes d'actifs. Le plus important est la capacité du contrat à évoluer dans le temps", assure Catherine Baudeneau.
Certaines assurances-vie offrent également l'accès à l'investissement en direct en "titres vifs". L'objectif n'est pas de gérer activement un portefeuille boursier - le plan d'épargne en actions (PEA) étant plus adapté - mais de bénéficier d'un cadre fiscal avantageux pour investir en valeurs américaines, alors que le PEA est réservé aux actions européennes.
Les fonds de private equity, investis dans des actifs non cotés, sont aussi de plus en plus référencés : des supports ont été spécifiquement conçus pour s'adapter aux contraintes de l'assurance-vie en termes de liquidité et de ticket d'entrée. Mais le véritable enjeu réside dans la capacité à gérer son contrat. Heureusement, les compagnies proposent des outils d'aide à la décision accessibles en ligne. "Ces services sont là pour guider le client et l'aident par exemple à choisir ses unités de compte", explique Hughes Bellamy Brown. Quel que soit le véhicule choisi, c'est finalement le pilote qui fait la différence.



