Au sud de Langres, en Haute-Marne, la ville de Fayl-Billot est reconnue comme la capitale française de la vannerie. Depuis plus d'un siècle, les artisans y tressent l'osier pour créer des objets du quotidien. Aujourd'hui, ce savoir-faire ancestral bénéficie d'une protection officielle : l'Indication Géographique (IG). Il s'agit de la 80e IG en France, rejoignant des noms prestigieux comme la Porcelaine de Limoges ou la Dentelle de Calais-Caudry.
Une protection contre la concurrence
Guy Thomas, co-président du Comité de développement et de promotion de la vannerie (CDPV), exprime sa satisfaction : « Pour tout le bassin, c’est une satisfaction. Il était nécessaire de protéger ce savoir-faire patrimonial. » Ce label devient un bouclier contre la concurrence étrangère et offre une garantie de qualité et de transparence pour les consommateurs.
Le cahier des charges de l'IG impose des critères stricts : au moins 80 % d'osier naturel, tressé à la main. L'utilisation de cuir est limitée à 20 %. L'homologation par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) a nécessité un travail rigoureux pour valider ces exigences.
Une filière dynamique et créative
Carole Burtin, vannière depuis quatre ans, témoigne : « Dans la tête des gens, la vannerie ce n’est que des paniers. Mais il y a un choix infini de créations. Cette IG sera porteuse pour notre filière. » Elle fabrique actuellement trois grands luminaires pour une maison de champagne prestigieuse. Les vanniers locaux sont régulièrement sollicités par des marques de luxe, comme Louis Vuitton (groupe LVMH) pour la production du sac Capucine.
« Il y a un véritable dynamisme, et une volonté de commercialisation de la vannerie plus décorative à grande échelle. Les vanniers travaillent beaucoup le contemporain, avec des produits très actuels qui vont au-delà de la vannerie pratique », ajoute Guy Thomas.
Une école unique en France
Fayl-Billot abrite une école de vannerie unique en France, où une vingtaine d'apprenants en CAP ou brevet professionnel côtoient des adultes en reconversion. Véronique Delaby, directrice de l'établissement, souligne : « Cette IG, c’est la reconnaissance d’un métier d’art, et c’est une légitimité pour l’école où la passation de techniques entre vanniers est primordiale. Ce label est un attrait supplémentaire pour le territoire qui vit de ce savoir-faire patrimonial. »
En 2025, cinq nouveaux vanniers se sont installés dans le secteur, portant le total à une trentaine. Le label IG couvre 83 communes en Haute-Marne et cinq en Haute-Saône, où toutes les opérations de fabrication doivent être réalisées.



