Avec ses doigts de fée, la couturière Sviatlana vit un véritable conte à Saint-Tropez. En quête d’un atelier d’urgence, elle a reçu un coup de pouce salvateur qui dessine une véritable histoire d’amour avec le village depuis son arrivée il y a près de douze ans.
Un large sourire depuis le 1er avril
Ce large sourire ne la quitte plus depuis le 1er avril. Cette date préfigure « une nouvelle étape » dans la vie professionnelle et personnelle de Sviatlana Serbin. Cette couturière installée dans la cité depuis 2014 entrevoit un avenir plus serein. Dans les colonnes de Var-matin, elle avait évoqué en 2025 une situation délicate avec la fin annoncée de son bail. Spontanément, elle a reçu énormément de soutien. « Suite à l’article, les habitants se sont vraiment manifestés », confie-t-elle.
Avec des gestes parfois anodins, mais d’une grande valeur affective. Certains sont « venus avec des fleurs, des gâteaux ou juste un petit câlin », autant de signes réconfortants aux yeux de Sviatlana Serbin. Des clientes mais aussi « des gens que je ne connaissais pas ». Preuve que son parcours avait imprégné le tissu social du village. « On connaît mon histoire et mon atelier est comme un lieu de discussions, ce n’est pas seulement une boutique. Cela prouve que j’ai réussi à faire quelque chose pour le village », apprécie-t-elle.
Un nouveau local provisoire à la maison Coccoz
Sur les conseils de ces belles âmes, elle a sollicité la mairie pour un local commercial. Une bouteille à la mer qui a été captée, et après l’élaboration d’un dossier très complet sur son activité, elle s’installe provisoirement au sein de la maison Coccoz. « Je suis très reconnaissante envers la municipalité pour cette aide précieuse. Tous les Tropéziens sont dans cette histoire, surtout pour quelqu’un comme moi, qui suis une étrangère à la base. Leur accueil est formidable », déclare-t-elle.
Un écrin pour une collection estivale
Un écrin parfait pour imaginer une collection estivale, elle qui a reçu l’an dernier le titre de Maître-artisan dans les métiers d’arts. Des doigts de fée, choisis également pour représenter la Région Paca au salon du Made in France en novembre 2025 par la chambre des Métiers. « Une fierté » et une reconnaissance pour cette autodidacte. « C’est un gage de qualité. Tout de suite, il y a plus de confiance en mon travail, ça ouvre un peu plus les portes », apprécie celle qui a conçu sa centième robe de mariée il y a quelques mois.
Une robe hommage à Brigitte Bardot
Parmi ses dernières créations, une robe Vichy, hommage à Brigitte Bardot, trône dans le musée du cinéma tropézien à l’occasion de l’exposition « Et Dieu créa la femme, 70 ans de légende » (jusqu’au 7 mars 2027). Sollicitée par la direction du lieu culturel, Sviatlana a répondu favorablement. « La robe Vichy, c’est un modèle à respecter. Dans l’esprit d’une femme qui va et réalise ses rêves », admire-t-elle.
Ce qu’elle n’avait pas dévoilé avant de livrer cette commande, c’est que cette quarantaine d’heures de travail pour confectionner ce classique de la mode française faisait écho à son parcours. « La première fois que je suis venue à Saint-Tropez en 2014, j’ai vu le musée et j’ai aussitôt eu envie de créer une robe pour ce lieu. Quand la réalité rejoint le désir… comme quoi, il faut toujours rêver », s’émerveille encore la couturière.
Présente sur YouTube
Cette robe apparaîtra peut-être sur sa chaîne YouTube Couture académie où ses 432 vidéos sont plébiscitées par plus de 135 000 abonnés. Mais « je n’ai pas eu le temps depuis un an de publier. En septembre, j’espère reprendre : j’ai des dizaines de messages sur la plateforme de gens qui me demandent de revenir. Comme je suis autodidacte, je n’ai pas le langage technique, j’explique tout simplement, ça semble leur plaire ».
La Bravade en approche
Avant cela, une semaine chargée se profile, ce sera même « très très chaud » : à quelques jours de la Bravade, son atelier ne désemplira pas pour des retouches de dernière minute « mais c’est un moment à partager », se réjouit-elle. Son cocon regorge de trouvailles et d’accessoires – gants en dentelle, camées, « des chaussettes très rares à trouver » – pour étoffer les costumes des Provençaux. « Ça fait plaisir, mon fils de 11 ans est mousquetaire, et quand je sors pour faire des photos, je vois toutes les tenues sur lesquelles j’ai travaillé. Et je reconnais aussi les drapeaux que je fabrique aux balcons et je me dis : j’habille notre village. »



