De la communication à la céramique : la reconversion artistique d'Alexandre Tatay
Reconversion : d'attaché de presse à céramiste à Aubagne

Un céramiste travaille dans son atelier à Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, en juillet 2019. Alexandre Tatay, âgé de 32 ans, recherchait initialement une carrière stable avec un contrat à durée indéterminée, des revenus prévisibles et des congés payés. Après avoir obtenu un diplôme de niveau bac + 5 en études européennes et marketing, il est devenu attaché de presse à l'université de Strasbourg.

Une routine professionnelle devenue anxiogène

Dans son bureau, l'actualité qu'il qualifie d'anxiogène défilait constamment sous ses yeux, entre deux communiqués à rédiger. « C'était répétitif », confie-t-il avec un soupir. Fin 2022, un cours de céramique de deux heures, offert par son frère aîné, vient bouleverser sa routine quotidienne.

La révélation d'une passion pour l'argile

« J'ai adoré mettre mes mains dans l'argile, observer la transformation de la matière, la façon dont elle réagit sous les doigts », s'enthousiasme Alexandre. Il décide alors de souscrire un abonnement de quinze heures par mois dans un autre atelier strasbourgeois. Progressivement, la création artistique prend le pas sur son activité de bureau.

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« Je ne pensais plus qu'à mes nouvelles idées de sculpture, mêlant formes organiques et géométriques », explique le trentenaire. En octobre 2025, une fois son contrat terminé, Alexandre s'inscrit à l'École de céramique de Provence, située à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône.

Une formation intensive au CAP tournage

« Cette école est réputée, et mon frère habite dans la région », précise-t-il. Il suit une formation continue de huit mois, représentant 455 heures de présence, afin de préparer le certificat d'aptitude professionnelle en tournage. Ses journées, de 8 heures à 17 heures, alternent entre des prises de notes sur l'histoire de l'art et un travail pratique au tour, qui consiste à centrer la terre et à la faire monter sans qu'elle s'affaisse.

Un phénomène de reconversion professionnelle croissant

Renaud Andréani, responsable de la section céramique de l'école, souligne cette tendance : « Sur les 26 apprenants, la moitié sont en reconversion professionnelle. Des médecins, des banquiers, des cadres, âgés de 25 à 60 ans, qui ont tout quitté ». Artisan céramiste formé dans cette même école provençale en 1998, ce quadragénaire a débuté en fabriquant principalement des poteries utilitaires, entouré de tourneurs en série.

Il constate une évolution notable : « Une autre époque. Ces dernières années, la poterie s'oriente davantage vers l'objet artistique ». Cette transformation reflète un intérêt grandissant pour l'artisanat d'art et les métiers manuels, où la créativité et le travail de la matière priment sur la production de masse.

Le parcours d'Alexandre Tatay illustre ainsi une quête de sens professionnel, passant d'un emploi de bureau perçu comme monotone à une vocation artistique exigeante mais épanouissante. Son histoire s'inscrit dans un mouvement plus large de reconversions vers des métiers artisanaux, où la passion et l'expression personnelle deviennent des moteurs essentiels.

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