Un artisan passionné au chevet des vieux gréements
Sur le port de Porquerolles, près du ponton des pêcheurs, un homme à la tignasse bouclée et aux yeux bleu méditerranéen s'affaire autour d'un navire en bois dans un piteux état. Il s'agit de Jean Pluêt, charpentier de marine, qui restaure avec amour des bateaux anciens. Parmi ses projets, le chalutier Grand Bleu, construit dans les années 1950 à Concarneau, a été entièrement réparé et navigue désormais.
Un parcours atypique
Jean Pluêt a baigné dans l'univers maritime depuis son plus jeune âge. « La première fois que je suis monté sur un bateau, j'avais un mois et demi, et j'ai passé toutes mes vacances sur l'île de Bréhat dans une maison les pieds dans l'eau », raconte-t-il. Après des études de biologie marine et de géographie du littoral, il n'a pas achevé sa thèse et s'est retrouvé « à la fois trop et pas assez diplômé pour trouver un travail ». Il a alors préparé un CAP de menuisier.
Un métier qui exige créativité
C'est en rejoignant son frère à Saint-Mandrier sur un bateau de vingt-six mètres que Jean a véritablement appris le calfatage, technique d'étanchéité des coques. « Un des aspects du métier que j'apprécie le plus, c'est que de temps en temps il faut fabriquer ses propres outils, trouver des solutions, ce qui implique sans arrêt d'inventer des méthodes nouvelles, être créatif. On ne s'ennuie jamais », confie-t-il.
La retraite n'arrête pas le travail
À la retraite depuis deux ans, Jean Pluêt ne semble pas ralentir : « Je ne m'en suis pas encore rendu compte car j'ai plusieurs chantiers qui m'attendent ». Actuellement, il restaure la Galante, un bateau du chantier Battifero de Cassis datant des années 1960. Il a également eu l'occasion de travailler sur des bateaux centenaires.
Un avenir incertain mais une demande réelle
Jean regrette la fermeture d'écoles de charpenterie marine, ce qui menace la transmission du savoir-faire. Cependant, à Porquerolles, où cohabitent pointus et bateaux de tradition, et où une soixantaine de vieux gréements se rassemblent chaque année, le travail ne manque pas. Un métier où l'intelligence artificielle ne remplacera pas l'humain !



