Copie de ses tasses par une grande enseigne : une céramiste sétoise s'indigne
Copie de tasses : une céramiste sétoise pousse un coup de gueule

Anaïs Dezarnaud, céramiste installée à Sète, a découvert avec stupeur que l'une de ses créations emblématiques, la tasse Twist, avait été reproduite presque à l'identique par une grande marque scandinave. Cette révélation a suscité un véritable coup de gueule de la part de l'artisane, qui dénonce un pillage de son travail artisanal.

Une création unique copiée sans scrupule

Depuis quatre ans, Anaïs Dezarnaud façonne des pièces uniques dans son atelier du Broca studio, situé quai des Moulins à Sète. Ses créations sont vendues à l'international, notamment aux États-Unis, au Canada et en Europe. Elle a collaboré avec la marque de prêt-à-porter Vrai, fondée par le chanteur Vianney, et a été mise en lumière par la campagne Méditerranée Mania des Galeries Lafayette au printemps 2023. C'est à cette occasion qu'elle a commercialisé ses tasses Twist, caractérisées par leur volume bas et leur anse tressée, un modèle facilement reconnaissable.

Deux ans plus tard, une amie céramiste d'Orléans l'alerte : une marque scandinave bien implantée en France propose un photophore dont la forme, la couleur, la taille et même la tresse sont identiques à sa tasse Twist. « En zoomant, on retrouve même les petites taches noires de terre chamottée ! », s'indigne Anaïs Dezarnaud. Seule différence : la désignation du produit.

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Une concurrence déloyale flagrante

Ce n'est pas la première fois que l'artisane est confrontée à une copie. L'an dernier, elle avait déjà été alertée pour une amphore reproduite trait pour trait, sans qu'elle y prête alors attention. Mais cette fois, la similitude est trop flagrante. Anaïs Dezarnaud ne compte pas engager de poursuites judiciaires, car ses modèles ne sont pas déposés et sont produits à petite échelle. Cependant, elle tient à rappeler l'essentiel : « La valeur du fait main, du temps passé à créer. Chaque tasse que je façonne porte mon geste, mon intention, mon énergie. La production industrielle, elle, fabrique des copies sans âme. »

Le contraste est saisissant sur le plan des prix : le photophore de la marque scandinave est vendu 3,23 €, tandis que la tasse Twist est proposée à 32 €, avec une marge très faible selon l'artisane. Un écart de 1 à 10 qui illustre la concurrence déloyale subie par les artisans indépendants.

Un débat nécessaire sur la protection de l'artisanat

Anaïs Dezarnaud souhaite ouvrir le débat sur la protection des créations artisanales face à la standardisation industrielle. Comment défendre la singularité des pièces uniques ? Comment protéger les artisans du pillage ? Si elle n'a pas de solution miracle, elle espère sensibiliser le public et les acteurs du secteur. « L'idée est qu'on se renouvelle, explique-t-elle. Avec les réseaux sociaux, tout le monde s'inspire les uns les autres. Plutôt que de me lamenter, je préfère concentrer mon énergie sur ma création et me renouveler. Après tout, cette histoire met aussi en valeur l'artisanat. »

Malgré cette mésaventure, la céramiste sétoise continue de créer et de vendre ses œuvres à travers le monde, espérant que chacune de ses pièces échappera à la reproduction industrielle. Son atelier reste un lieu de création authentique, où chaque geste compte.

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