Chloé Lambert, encadreuse d'art à Bergerac, préserve les trésors du quotidien
Chloé Lambert, encadreuse d'art à Bergerac, préserve les trésors

Chloé Lambert, l'encadreuse d'art qui immortalise les souvenirs à Bergerac

Depuis neuf ans, Chloé Lambert anime un atelier d'encadrement d'art au cœur du centre-ville de Bergerac, en Dordogne. Cette professionnelle, l'une des rares spécialistes de la région dans ce domaine, participe activement aux Journées européennes des métiers d'art. Son quotidien consiste à encadrer une diversité étonnante d'objets, allant bien au-delà des simples tableaux.

Un métier de précision et de passion

« Des photos de famille, des dessins d'enfant, des peintures, mais aussi des broderies, des médailles, des maillots de football ou encore des magazines », énumère Chloé Lambert. Son atelier, situé au 13 bis rue des Fontaines à Bergerac, est le théâtre d'un travail méticuleux. Les outils semblent simples : une règle, un cutter, des ciseaux et un compas. Pourtant, la maîtrise du geste est essentielle. « Si j'appuie trop ou pas assez, ça ne coupera pas le verre de protection », explique-t-elle, soulignant l'importance de la technique.

Les demandes de ses clients varient considérablement. Elles peuvent aller d'un simple cadre en bord de papier pour une photo, dont le coût oscille entre 50 et 100 euros, à des projets complexes nécessitant l'intervention d'autres artisans comme des restaurateurs, des doreurs ou des ébénistes. Pour certains tableaux, le prix peut atteindre plusieurs milliers d'euros. Les délais d'exécution s'étendent de deux heures à deux jours, avec parfois des attentes allant jusqu'à quatre semaines.

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Conservation et histoires extraordinaires

Au-delà de l'aspect purement décoratif, la conservation est un enjeu primordial pour Chloé Lambert. Pour protéger les tissus, papiers ou œuvres de l'usure du temps, elle utilise notamment des vitres de protection anti-UV, évitant ainsi le jaunissement des objets. Son approche se veut discrète et intemporelle. « Ce qui peut étonner les gens dans mes propositions, c'est la discrétion de mon encadrement. Il doit mettre en avant l'œuvre et mon objectif est qu'il reste adapté, même dans une dizaine d'années », expose la Bergeracoise. Elle s'adapte également aux budgets contraints, proposant des solutions plus simples sans compromettre la qualité.

Certaines demandes sortent véritablement de l'ordinaire et racontent des histoires incroyables. « L'année dernière, j'ai mis sous cloche une dent de dinosaure. J'ai aussi eu un insecte incrusté dans de l'ambre, comme dans 'Jurassic Park', et des poils de mammouth », partage l'artisane. Actuellement, les Diamond Painting, ces peintures en strass collés, connaissent un grand succès. Mais ce sont souvent les récits personnels qui marquent le plus. « J'ai eu des clients qui ont voulu faire une surprise en encadrant deux gravures, seuls souvenirs emportés par leurs parents lorsqu'ils ont quitté la Pologne. On voit passer des morceaux d'histoire incroyables », confie-t-elle. Récemment, elle a aussi encadré la une d'un magazine anglais des années 1990 évoquant la rivalité entre les groupes Blur et Oasis, ainsi qu'une bande dessinée de collection.

Une profession en péril et un engagement pour sa transmission

Titulaire d'une licence d'histoire de l'art et d'un CAP d'encadreuse d'art obtenu à l'école d'ameublement La Bonne Graine à Paris, Chloé Lambert trouve dans ce métier une source d'enrichissement constant. « Ça me nourrit énormément ce métier, je découvre des peintres, des styles, des techniques », observe-t-elle. Cependant, la profession est en recul. « Il n'y a plus qu'une seule école qui prépare au métier en formation initiale et de nombreux professionnels partent à la retraite », déplore-t-elle.

C'est pourquoi elle s'engage activement dans les Journées européennes des métiers d'art, considérant cet événement comme essentiel pour faire vivre et transmettre cet artisanat. Cette année, elle proposera un atelier « Initiation monotype et encadrement » en collaboration avec l'artiste plasticienne Julie Dudragne. Les séances auront lieu le mercredi 8 avril pour le jeune public à partir de 8 ans, le vendredi 10 avril de 14 à 16 heures, et le samedi 11 avril de 10 à 12 heures. L'activité est gratuite, sur inscription à l'adresse encadrement.lambert@gmail.com.

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Les Journées des métiers d'art en Bergeracois

La 20e édition des Journées européennes des métiers d'art se tiendra les samedi 11 et dimanche 12 avril. Dans le Grand Bergeracois, 19 artisans d'art ouvriront les portes de leurs ateliers et boutiques. Au programme : démonstrations, rencontres et initiations avec des céramistes, vitraillistes, photographes et bien d'autres, répartis sur Bergerac, Monpazier, Boisse et Biron.

À Bergerac, l'espace Dordonha accueillera notamment la plumassière Amandine Bonneau le samedi de 11 heures à 11h30, le vitrailliste et créateur de lumière Frédéric Aranaz de 14 à 15 heures, et Amélie Bonneau, tapissier décoratrice, de 15 à 16 heures. Des conférences sont également prévues à l'espace Lagabrielle. Pour plus de renseignements, consultez le site internet metiersdart-grandbergeracois.fr.