Le sort des boulangeries le 1er-Mai se jouera à l'Assemblée nationale
Le Collectif pour la survie des boulangeries et de l'artisanat, après avoir obtenu le retrait de la proposition de loi autorisant l'ouverture sept jours sur sept des boulangeries, se prépare maintenant pour une nouvelle bataille législative. En effet, le texte concernant l'encadrement de l'ouverture des boulangeries le 1er-Mai sera présenté à l'Assemblée nationale le 10 avril prochain, lors de la niche parlementaire du groupe Ensemble pour la République.
Une première victoire contre l'ouverture 7/7
Frédéric Roy, boulanger rue de France à Nice et porte-parole du Collectif, a mené avec succès les négociations pour faire retirer la proposition d'ouverture continue. « J'ai réussi à échanger avec le directeur de cabinet de Gabriel Attal, Alexis Izard. Il était surpris lorsque je lui ai expliqué que la majorité des artisans ne voulaient pas de cette loi », révèle-t-il. Le professionnel souligne que cette mesure aurait déséquilibré la concurrence entre artisans, favorisant les structures les plus importantes au détriment des petites boulangeries indépendantes.
Selon Frédéric Roy, l'ouverture 7/7 aurait conduit à une situation intenable pour les petits commerces :
- Les boulangeries mieux structurées ouvriraient tous les jours
- Les petits artisans perdraient du chiffre d'affaires les jours de fermeture
- Pour compenser, ils devraient eux-mêmes ouvrir 7/7 sans en avoir les moyens
- L'impossibilité d'embaucher du personnel supplémentaire conduirait à la fermeture
Le 1er-Mai : prochain enjeu législatif
Malgré cette première victoire, le Collectif doit maintenant se concentrer sur le débat concernant l'ouverture autorisée le 1er-Mai. Le texte, déjà voté au Sénat, sera présenté aux députés le 10 avril. « Le même texte, déjà voté au Sénat, sera présenté », confirme Frédéric Roy. Si la majorité des députés l'approuve, cette mesure pourrait être mise en application dès cette année.
Le Collectif ne s'oppose pas totalement à cette ouverture, mais demande un cadre réglementaire strict :
- Accord écrit préalable du salarié
- Possibilité de rétractation 24 heures avant
- Double rémunération pour le travail ce jour-là
- Respect strict du volontariat
Défendre l'artisanat face à la grande distribution
Parallèlement à ces combats législatifs, Frédéric Roy poursuit d'autres initiatives pour soutenir l'artisanat boulanger. Il propose notamment la création d'une labellisation pour les viennoiseries de tradition, similaire à celle existant pour la baguette tradition. « J'ai proposé au cabinet de Gabriel Attal cette idée afin de donner une arme à l'artisan. Ce label du croissant tradition, le boulanger pourra l'utiliser pour mettre en avant le fait maison », explique-t-il.
Le leitmotiv reste constant : défendre les artisans boulangers face à la concurrence des grandes chaînes et des industriels. Cette bataille pour la survie des boulangeries artisanales s'inscrit dans un contexte où, rappelons-le, la fermeture hebdomadaire des boulangeries est imposée par arrêté préfectoral dans la plupart des départements, mais a été abrogée dans une cinquantaine d'entre eux.
L'attente est maintenant tournée vers le 10 avril, date à laquelle les députés trancheront sur la possibilité pour les boulangeries d'ouvrir légalement le 1er-Mai, sous certaines conditions. Une décision qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l'avenir de l'artisanat boulanger en France.



