La Cave des vignerons de Tursan confrontée à une crise climatique majeure
Le bilan de l'année 2025 pour la Cave des vignerons de Tursan confirme une tendance alarmante, avec une diminution de près de 50% de la production par rapport aux meilleures années. Cette structure coopérative, qui rassemble 62 agriculteurs adhérents, a tenu son assemblée générale mercredi 18 février 2026 dans la salle des fêtes de Geaune, réunissant une grande partie de ses membres.
Les récoltes 2025 et 2024 : un double coup dur
L'épisode de grêle survenu en mai 2025 a marqué un tournant décisif pour le millésime. Anthony Benquet, responsable des vignerons à la Cave des vignerons de Tursan, annonce des chiffres catastrophiques : « 71 hectares ont été détruits à 100% ». Les conséquences sont sans appel : seulement 13 300 hectolitres ont pu être récoltés, représentant une baisse de 47% du volume potentiel.
Le millésime 2024 avait déjà été difficile avec une pluviométrie estivale excessive, limitant la récolte à 22 286 hectolitres. Régis Laporte, directeur de la Cave, contextualise cette dégradation : « Dans les années 2010, elle se situait plutôt autour de 25 000 hectolitres. Depuis quelques années, nous avons des difficultés à produire. Nous sommes fortement impactés par le changement climatique ».
Un chiffre d'affaires en recul constant
La situation économique reflète ces difficultés de production. Alors que la Cave avait franchi la barre des 7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021-2022, le dernier exercice 2024-2025 n'a atteint que 6,7 millions d'euros. Régis Laporte analyse : « La consommation globale de vin a baissé de 5% entre 2024 et 2025. Nous faisons face à une contraction des volumes sur tous les circuits de vente traditionnels tels que la grande distribution ou la restauration. Il nous faut compenser ces pertes par de nouveaux marchés ou par des marchés que l'on maîtrise ».
La répartition des ventes : une dépendance régionale
La grande distribution représente 51% des ventes de la Cave, principalement concentrées en Nouvelle-Aquitaine. Les vins landais peinent à s'imposer dans d'autres régions françaises. « Nous avons encore du mal à performer, notamment en Bretagne », reconnaît Régis Laporte.
Le secteur CHR (cuisine, hôtellerie, restauration) représente 33% des ventes, suivi par la vente directe (11%) qui connaît une baisse de fréquentation dans les magasins de l'intérieur des terres (Mugron, Pouillon, Geaune). Le reste provient de l'export et d'autres marchés.
Pour dynamiser la présence en restauration, la Cave a lancé en avril 2025 la gamme Saturn, une cuvée haut de gamme qui a déjà trouvé 1 600 acheteurs en cinq mois. « Dans la restauration, souvent il n'y a qu'un vin Tursan ou IGP Landes sur les cartes. L'objectif est d'avoir au moins deux de nos vins dans les cartes des restaurants de notre département », explique le directeur.
Vision 2030 : pérenniser et innover
La Cave des vignerons de Tursan s'est fixé plusieurs objectifs stratégiques pour 2030 :
- Maintenir le vignoble à 500 hectares
- Accompagner salariés et vignerons dans la transition écologique
- Développer la notoriété des vins au-delà du territoire local
Des marques fortes qui résistent
L'assemblée générale a permis de rappeler la vitalité de certaines gammes phares. Les marques « Impératrice, Cœur des Vignerons, Exception ou Miss landaise » dominent le marché CHR, avec plus de 150 000 bouteilles vendues annuellement pour la seule gamme Impératrice.
En grande distribution, les gammes Paysage des Landes, Tursan Secret d'Eugénie et l'IGP Landes Maïa rosé maintiennent leur présence, avec 189 900 bouteilles de Paysage des Landes écoulées en 2025.



