Une étudiante dévoile l'évolution des habitudes alimentaires landaises depuis les années 1960
Anaïs Vilain, une étudiante de 24 ans en master 2 d'histoire contemporaine à l'université Bordeaux-Montaigne, réalise actuellement un mémoire de recherche passionnant sur l'évolution des pratiques alimentaires dans le département des Landes depuis les années 1960. Sous la direction experte de Corinne Marache, maître de conférences et membre du Centre d'études des mondes moderne et contemporain (CEMMC), elle travaille sur ce projet depuis septembre 2025.
Une méthodologie rigoureuse basée sur des témoignages
Pour mener à bien ses recherches, Anaïs Vilain a exploité une base de données impressionnante comprenant 187 témoignages en ligne et une trentaine d'entretiens réalisés physiquement. Cette approche qualitative lui permet de recueillir des informations précieuses directement auprès des habitants, offrant ainsi une perspective authentique sur les transformations alimentaires.
Les pratiques alimentaires des années 1960 : simplicité et autonomie
Selon les recherches préliminaires d'Anaïs Vilain, l'alimentation dans les Landes durant les années 1960 était caractérisée par une certaine monotonie, particulièrement pour les classes populaires et moyennes. En semaine, les repas se composaient généralement de soupe préparée avec les légumes du jardin familial. Le dimanche représentait un moment spécial avec le poulet accompagné de pommes de terre, considéré comme le repas par excellence. En fin d'année, la tradition du « tue cochon » apportait sa touche de festivité avec des plats à base de porc.
Cette période était marquée par des pratiques vivrières où chaque foyer possédait son potager et sa basse-cour, ne se rendant que ponctuellement dans les commerces de bouche locaux pour compléter ses provisions.
Les facteurs de transformation et d'uniformisation
Plusieurs phénomènes sociétaux majeurs ont radicalement modifié ces habitudes ancestrales :
- L'avènement des supermarchés à la fin des années 1960, offrant une nouvelle accessibilité aux produits
- L'entrée massive des femmes sur le marché du travail durant la même période, réduisant le temps disponible pour la préparation des repas
- La mondialisation qui a introduit les produits ultratransformés dans les foyers landais
Ces transformations ont conduit à une simplification des pratiques culinaires et, surtout, à une uniformisation progressive avec le reste du territoire national. L'achat de plats préparés est devenu une solution pratique pour de nombreuses mères de famille qui devaient concilier vie professionnelle et responsabilités domestiques.
La disparition progressive des plats locaux du quotidien
Anaïs Vilain constate que, même si certains plats traditionnels comme le Panturon (à base d'abats d'agneau) subsistent grâce à des associations qui les préparent ponctuellement, la consommation quotidienne s'est considérablement standardisée. Les Landais mangent aujourd'hui sensiblement les mêmes plats simples à base de féculents que les habitants des autres départements français, marquant ainsi une rupture significative avec leurs spécificités gastronomiques historiques.
Les recherches d'Anaïs Vilain se poursuivront jusqu'en juin 2026, laissant ainsi la possibilité que certaines conclusions évoluent avec l'analyse approfondie des données supplémentaires qu'elle continue de recueillir. Ce travail universitaire offre une contribution précieuse à la compréhension des transformations culturelles et sociales à travers le prisme de l'alimentation.



