Transhumance et pastoralisme : une pratique qui a besoin d'être soutenue et célébrée
Ségolène Dubois est la directrice de l'Entente interdépartementale Causses et Cévennes, basée à Florac-Trois-Rivières, en Lozère. Cette structure a porté l'inscription des Causses et des Cévennes sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. En 2026, les Nations Unies ont déclaré l'année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux.
Qu'est-ce que la transhumance ?
La transhumance est une pratique qui consiste à emmener les troupeaux chercher des ressources fourragères, généralement en altitude, disponibles lorsque la végétation sur leurs terres d'origine devient moins appétante. En allant chercher l'herbe fraîche en hauteur, les éleveurs libèrent leurs terres pendant quelques mois, ce qui leur permet d'effectuer divers travaux sur l'exploitation. Cette pratique, souvent collective, regroupe les troupeaux de plusieurs éleveurs avec une solution de garde commune assurée par des bergers. Sur le territoire des Causses et Cévennes, la transhumance se déroule entre la mi-juin et la mi-septembre.
Lien entre transhumance et pastoralisme
Le pastoralisme consiste à faire pâturer les troupeaux sur la végétation spontanée locale. La transhumance est une pratique issue du pastoralisme. On peut faire du pastoralisme sans transhumer. Le pastoralisme façonne le paysage en maintenant les milieux ouverts grâce au travail des dents des animaux, qui empêchent la repousse des ligneux. Cela présente plusieurs avantages : les animaux sont nourris avec une ressource locale spontanée, sobre et résiliente ; les milieux ouverts sont source d'attractivité pour les territoires, prisés pour la beauté des paysages ; et cela contribue à la défense contre les incendies.
2026, une année particulière pour le pastoralisme
Le territoire des Causses et Cévennes est inscrit au programme de la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco. La transhumance elle-même est inscrite au Patrimoine culturel immatériel. En 2026, l'année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux souligne l'importance de ces pratiques. Ségolène Dubois est convaincue que le pastoralisme et la transhumance sont une partie de la solution pour l'avenir. Ils répondent aux enjeux de filière de qualité (roquefort, pélardon, agneau Elovel), de bien-être animal, de changement climatique, de maintien des milieux ouverts et d'attractivité des territoires. Cependant, cette pratique doit être encouragée et aidée face à des défis tels que la mobilité des troupeaux, le partage de l'espace avec d'autres activités (randonnée), la prédation et le changement climatique. En conclusion, c'est une pratique qui a besoin d'être soutenue et célébrée.



