Tempête Nils : une mobilisation massive pour les agriculteurs sinistrés du Lot-et-Garonne
Une centaine de renforts, composés de militaires et de pompiers venus de l'extérieur du département, sont déployés depuis ce lundi matin pour venir en aide aux exploitations agricoles les plus durement touchées par la tempête Nils et les inondations qui ont frappé le Lot-et-Garonne. Cette opération d'urgence vise à déblayer et nettoyer les parcelles dévastées, alors que la saison des fraises, une production à haute valeur ajoutée, est imminente.
Des scènes de désolation dans les exploitations
À Saint-Léger, chez Frédéric Dubourg, le constat est amer. « Moralement, c'est vraiment dur », confie l'agriculteur de 53 ans. Trois de ses serres de fraises sont gravement endommagées, avec 15 000 plants hors sol ayant subi les assauts du brouillard et de l'eau, représentant 60 % de sa production. « Il faut bâcher, puis rebâcher très vite pour les sauver », insiste-t-il, soulignant l'urgence de la situation.
À Aiguillon, chez Driss Essahoui, la Garonne débordée et les vents violents de la tempête Nils ont laissé un décor chaotique. Des bâches arrachées jonchent le sol, les structures métalliques des serres sont couchées sur les plants de fraises, et des cagettes et plastiques se sont envolés. L'exploitant, acculé, a perdu 50 % de sa production à cause du vent. « Et l'eau a fait bouger les structures. Aujourd'hui, il faut tout démonter, remonter », explique-t-il.
Une opération coordonnée par le Sdis 47
La mission est pilotée par le Service départemental d'incendie et de secours du Lot-et-Garonne (Sdis 47). Le colonel Pierre Hierholtz, directeur du Sdis 47, rappelle l'ampleur des dégâts : 22 000 hectares sont touchés et 1 000 exploitations sont concernées. Parmi elles, 70 ont été identifiées comme prioritaires après un week-end de reconnaissance, principalement dans les zones du Confluent, du Marmandais et du Tonneinquais.
Les renforts, hébergés à la base du Temple-sur-Lot, proviennent du 4e RIISC de Libourne, du 48e RT d'Agen, ainsi que de sapeurs-pompiers spécialisés de la zone Grand Sud (Gard, Vaucluse, Hérault). Ils interviendront jusqu'à la fin de la semaine, en commençant par les zones les plus accessibles où l'eau a commencé à baisser.
Un soutien moral et financier crucial
Frédéric Dubourg, touché par la présence des secouristes, a tenu à les remercier en leur offrant des chocolatines. « Je suis allé leur chercher des chocolatines », raconte-t-il, ému par cette solidarité. Cependant, au-delà de l'aide immédiate, les agriculteurs attendent un soutien financier. « Les assureurs sont passés. On espère ensuite être indemnisés à la hauteur de nos pertes », souligne Frédéric Dubourg.
La présidente de la Chambre d'agriculture, Karine Duc, a appelé au déblocage d'un fonds d'urgence exceptionnel. « Votre mobilisation sera aussi essentielle sur le volet financier. Sans quoi ce que nous faisons aujourd'hui ne permettra pas d'accomplir la véritable réparation », a-t-elle déclaré à l'adresse du nouveau préfet, dont elle a salué la réactivité.
Cette opération constitue une solution temporaire pour « aider au rétablissement d'une vie professionnelle et personnelle » et pourrait être prolongée la semaine prochaine si nécessaire. Dans un contexte déjà difficile pour l'agriculture, ces pertes pourraient représenter un vrai manque à gagner pour les exploitants du département.



