Les statisticiens bénévoles de Basket Landes, héros de l'ombre
Statisticiens bénévoles de Basket Landes : héros de l'ombre

Au cœur du jeu : les statisticiens bénévoles de Basket Landes

En bout de table de marque, ils travaillent à deux ou trois pour établir avec rigueur et précision les feuilles de match à la fin de chaque quart-temps. Ces bénévoles, souvent invisibles, sont pourtant indispensables au bon fonctionnement des rencontres de Ligue féminine. Leur travail alimente les sites spécialisés et nourrit les articles et débriefings d'après-match. Les entraîneurs eux-mêmes réclament la feuille de match pour y jeter un œil avant de répondre aux questions des journalistes. Une feuille qu'ils éplucheront plus tard, ligne par ligne, colonne par colonne. Impossible à imprimer sans le travail des statisticiens durant tout le match.

Décrypter action par action tout ce qui se passe sur le terrain pour le restituer de manière synthétique est un travail colossal. « En général, un match, ce sont entre 500 et 600 actions répertoriées. Par exemple, il y en a eu 570 le match contre Galatasaray (en demi-finale de play-in d'Euroligue, NDLR). On note absolument tout », confie Jean-Marc Peyre. Cela fait dix-sept ans qu'il officie bénévolement à la table de Basket Landes. Pas tout seul : il faut être au moins deux par match, « sinon, c'est l'amende ». À Mont-de-Marsan, il fait équipe avec David Baron depuis dix ans, et avec Olivier Guillaume, qui a été leur formateur. Trois anciens basketteurs pas forcément férus de maths, mais que les chiffres n'effraient pas.

Un travail stressant mais passionnant

« Oui, c'est toujours stressant, surtout sur l'aspect technique. Un soir, on s'est retrouvé à devoir tout noter à la main sur une feuille car le logiciel ne marchait », raconte Jean-Marc. À l'instar de ses partenaires, il a ses habitudes pour se mettre dans le match : « On arrive une heure et demie avant le coup d'envoi pour avoir le temps de bien s'installer. Il y a beaucoup à faire : enregistrer les deux équipes, vérifier toutes les connexions, notamment avec les sites des clubs et de la Ligue, les sites de paris sportifs. Quand le match démarre, il faut être vigilant sur tout ce qui se passe puisqu'on enregistre chronologiquement toutes les données pour les deux équipes. Il faut être rigoureux et hyper précis, ne pas hésiter à toujours tout checker avec la table de marque. »

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Mais avec David, ils tiennent à insister : l'entraide et la bonne ambiance règnent toujours malgré la tension. Ce soir-là, d'ailleurs, c'était distribution de merveilles à grignoter avant que les choses sérieuses commencent. Chacun à sa tâche, ultra concentré. Un casque les y aide, « cela permet de nous isoler du bruit mais aussi pour pouvoir communiquer entre nous ». Car la communication est la base. David est le cliqueur, il enregistre tout ce que lui dit en temps réel Jean-Marc, l'aboyeur. Quand Olivier est là, il vérifie tout au fur et à mesure : c'est le back-up.

Un vocabulaire précis et une analyse unique

« On utilise un vocabulaire très précis. Sur une simple action, David peut cliquer sur le numéro de la joueuse qui tire, là où elle a pris le shoot, si elle le réussit ou pas, le rebond le cas échéant, plus l'interception s'il y en a une, puis un autre shoot avec une autre joueuse… » Le film du match peut ainsi représenter aisément trois feuilles de papier format A4 pour un seul quart-temps. Mais apprécient-ils seulement le match ? Oui, évidemment, répondent Jean-Marc et David de concert. « On est au cœur du réacteur. On ne voit pas le match comme les autres et c'est une position un peu privilégiée, je trouve », souligne le premier. « On voit des choses, on entend des discussions sur les bancs auxquelles personne d'autre n'a accès. À la fin du match, on a d'ailleurs souvent une analyse différente par rapport au public. Nous, les évaluations, on n'est jamais surpris car on a bien senti qui allait en avoir une bonne ou qui passe un peu à côté. Et, de façon générale, il y a la grande satisfaction de se sentir utiles. »

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L'évaluation, mode d'emploi

Le basket, ce sport de chiffres et de statistiques qu'on épluche fébrilement… La plus éloquente : l'évaluation. Autrement dit, la note attribuée à chaque joueuse pour sa prestation. La fourchette est très large : elle peut être négative comme culminer à plus de 30. Mais comment se calcule-t-elle au juste ? C'est assez simple : on additionne d'un côté les points marqués, les rebonds pris, les passes décisives effectuées, mais aussi les interceptions et les contres réalisés. On ajoute de l'autre les balles perdues, les tirs manqués et les lancers francs ratés. Il ne reste plus qu'à calculer la différence entre les deux : le résultat est l'évaluation. Qui ne prend donc pas en considération les fautes, commises ou provoquées.