Sénat vote réintroduction acétamipride, un an après loi Duplomb
Sénat vote réintroduction acétamipride, un an après loi Duplomb

Un an après l'adoption de la loi Duplomb visant à réduire l'usage des pesticides, le Sénat a voté, le 30 juin 2023, un amendement controversé autorisant la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Cette décision, prise en commission des affaires économiques, a immédiatement suscité l'indignation des associations environnementales et de certains élus écologistes.

Un amendement porté par la majorité sénatoriale

L'amendement, présenté par le sénateur LR Laurent Duplomb, a été adopté par 23 voix contre 16. Il prévoit la suspension de l'interdiction de l'acétamipride jusqu'en 2025, permettant aux agriculteurs d'utiliser ce pesticide pour protéger les cultures de betteraves, de colza et de tournesol. Selon Duplomb, cette mesure est nécessaire pour faire face à des impasses techniques dans la lutte contre certains ravageurs, notamment les pucerons.

Des critiques sur les risques environnementaux et sanitaires

Les opposants à l'amendement soulignent que l'acétamipride est un néonicotinoïde, une classe de pesticides accusée d'être nocive pour les abeilles et autres pollinisateurs. L'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) a dénoncé une "régression dramatique" et rappelé que ces substances sont interdites dans l'Union européenne depuis 2018. La sénatrice écologiste Marie-Claude Varaillas a qualifié le vote de "coup de force" et a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel.

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Un contexte de tension sur la souveraineté alimentaire

Le débat s'inscrit dans un contexte de tensions entre impératifs écologiques et souveraineté alimentaire. Les partisans de l'amendement arguent que sans cet insecticide, les rendements de betteraves pourraient chuter de 30 à 50 %, menaçant la filière sucrière française. Selon une étude de l'Institut technique de la betterave, citée par le sénateur Duplomb, l'impact économique pourrait atteindre 400 millions d'euros par an.

Réactions politiques et perspectives

Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, a exprimé son opposition à l'amendement, mais n'a pas pu empêcher son adoption en commission. Le texte doit encore être examiné en séance publique au Sénat, puis à l'Assemblée nationale. Les associations environnementales appellent les députés à rejeter cette mesure et à maintenir l'interdiction des néonicotinoïdes.

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