« Les impacts sont très lourds. La crise est sérieuse. » À quelques jours de l'annonce d'un grand plan de soutien aux agriculteurs prévue le 3 septembre, la ministre Annie Genevard a rencontré l'ensemble des préfets de région pour connaître l'ampleur des dégâts causés par les canicules, la sécheresse et les incendies. Sans surprise, cet été 2026 brûlant a provoqué de véritables catastrophes dans les exploitations agricoles françaises.
Des pertes massives dans les élevages et les champs
Après l'hécatombe du mois de juin dans les élevages (9 000 tonnes d'animaux morts), c'est dans les champs que l'omniprésent soleil a fait des ravages. La première crainte concerne le fourrage. D'après le ministère de l'Agriculture, la pousse des prairies est déficitaire de 33 % par rapport à la moyenne. Il y a même cinq régions où le stock fourragé est en recul de 50 %. Avec de si maigres réserves, les éleveurs sont évidemment inquiets de ne pas avoir de quoi nourrir leurs bêtes cet hiver.
À l'issue de la rencontre avec les préfets, le ministère a détaillé quelques secteurs en souffrance. Le maïs est en repli de plus de 30 %. Et sans surprise, le maraîchage a dégusté. Toutes régions confondues, certaines cultures affichent des productions divisées par deux. Parmi les légumes les plus touchés, le ministère cite « les haricots verts, l'ail, les oignons, les artichauts et les poireaux. » Certaines cultures de petits fruits ont également été réduites à néant, comme les cerises, le cassis ou la groseille.
Des prix qui flambent sur les marchés
Les salades ont également cuit cet été, faisant sérieusement grimper les prix. « L'avantage des salades, c'est qu'il y a plusieurs pousses dans l'année. Le mois de juillet a été perdu, mais pas le reste de l'année », tempère le ministère de l'Agriculture.
Côté prix justement, les services d'Annie Genevard assurent que l'inflation n'est pas (encore) galopante. « En dehors des salades, des tomates, des concombres et des poireaux. » Cet été, il n'était pas rare de trouver des tomates « de base » à plus de six euros le kilo sur les marchés. Pas évident à avaler, surtout quand on sait qu'un Français moyen en consomme 15 kg par an.
Des milliards d'euros réclamés par la FNSEA
Pour autant, les équipes du ministère de l'Agriculture ne craignent pas de pénurie. « La grande distribution va s'adapter. Elle pourra toujours importer », assure-t-on dans les bureaux de la rue de Varenne. Pas certain que ce soit la réponse attendue par les agriculteurs français. Le patron de la puissante FNSEA avait réclamé « des milliards » pour aider les paysans. Le plan sera dévoilé jeudi 3 septembre.



