Salon de l'Agriculture : un stand sans bovins, une ambiance en berne
Olivier Lasternas, éleveur à Saint-Cyr-les-Champagnes en Dordogne, est présent porte de Versailles, mais sans ses vaches. Il y officie également en tant que président du Herd-Book limousin, la structure qui organise les concours de cette race et prépare les prochains rendez-vous de l'élevage français. Aucune vache, veau ou taureau limousin, blond d'Aquitaine, bazadais ou parthenais n'est visible. Pourtant, au Salon de l'agriculture à Paris, les principales races bovines du Sud-Ouest sont bien représentées sur le stand de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui organise sa journée spéciale ce mercredi 25 février.
« On fait des présentations de nos races devant une tribune vide », déplore Olivier Lasternas. L'organisme, qui gère la reproduction, la sélection génétique et la promotion de la race grâce à l'organisation des concours, tient son stand jusqu'au dimanche 1er mars, mais sans l'ambiance habituelle. « On se devait d'être là pour garder le contact avec les consommateurs et les politiques », souligne-t-il. Les années précédentes, il participait à double titre : comme porte-parole des adhérents du Herd-Book limousin et comme éleveur compétiteur.
Une décision sanitaire nécessaire mais coûteuse
Agriculteur en Dordogne, Olivier Lasternas aurait dû fêter sa 20e participation au salon en présentant quatre bovins. Il a dû renoncer, comme les autres éleveurs, à emmener ses animaux. Les organisateurs ont suspendu la présence des bovins en raison des risques accrus de contamination sanitaire depuis l'arrivée en France de la dermatose nodulaire. Préparer des vaches pour le salon représente un investissement significatif, notamment pour leur alimentation afin d'en faire des bêtes à concours.
« Renoncer à les y conduire, c'est comme si un athlète se cassait une jambe avant sa compétition aux JO. On a investi pour rien », exprime l'éleveur. Sa déception est palpable, mais il sait que ce n'est que partie remise. Sur le plan collectif, la non-participation des bovins aura un impact financier limité, car le salon est davantage une vitrine internationale qu'un lieu de commerce direct. Les éleveurs limousins ont été parmi les premiers à se désister, et le Herd-Book a rapidement réduit sa présence pour limiter les dégâts.
Des craintes pour l'avenir des concours bovins
Le président du Herd-Book craint les effets à long terme sur l'enthousiasme des éleveurs à présenter leurs bêtes. « On redoute tous les risques de contamination. Les éleveurs vont avoir du mal à renouer avec les rassemblements bovins », affirme-t-il. Malgré l'absence des bovins laitiers, de fausses vaches permettent de discuter de la traite, mais cela ne compense pas le vide laissé dans ce salon moins fréquenté en ces premiers jours.
Le Salon de Paris n'est qu'une étape avant d'autres rendez-vous professionnels. Dès sa fermeture, les professionnels se réuniront pour parler d'Aquitanima, le concours annuel organisé lors de la foire-exposition de Bordeaux. Suivra, en octobre, le Concours national limousin au Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand-Cournon, dans le Massif central. Cet événement, crucial pour les filières d'élevage, se prépare longtemps à l'avance.
« On va tout faire pour qu'il ait lieu », espère Olivier Lasternas. Cependant, rien n'est acquis en raison des fluctuations sanitaires et de l'incertitude quant à la participation des éleveurs. L'absence des bovins au Salon de l'Agriculture souligne ainsi les défis persistants pour le secteur de l'élevage face aux risques sanitaires.



