Le Salon de l'agriculture privé des acteurs du bio malgré le retour de la consommation
Dans une boutique proposant ses propres produits bio à la vente, à Périgny dans le Val-de-Marne, le 18 septembre 2024, l'ambiance est mitigée. « La décision a été dure à prendre », confie Christelle Le Hir, présidente du Synadis Bio et du directoire de La Vie claire. Cette année, le syndicat professionnel des chaînes de magasins bio ne sera pas présent au Salon de l'agriculture, un événement majeur du secteur.
Un investissement déjà engagé mais abandonné
Pourtant, l'emplacement du stand avait déjà été payé et des gros appareils à raclette destinés à l'animation avaient été achetés. En 2025, ils s'étaient offert une vitrine bien placée dans le hall 1, entre Lidl et McDonald's, qui avait attiré pas moins de 80 000 personnes. Mais en 2024, entre l'absence des vaches et des volailles et la colère agricole, cela ne valait pas le coup d'y participer.
Le poids financier que l'événement lui aurait coûté était trop lourd : plusieurs centaines de milliers d'euros, soit environ 30 % de son budget annuel. Une somme considérable pour une organisation qui doit gérer ses ressources avec prudence.
L'Agence bio également contrainte de renoncer
L'Agence bio, une structure publique chargée de l'animation de l'écosystème du bio, a elle aussi dû renoncer à son traditionnel stand. Son budget a été drastiquement réduit par le gouvernement, limitant ainsi sa capacité à participer à des événements de cette envergure. Cette situation est paradoxale, alors que l'engouement des Français pour les produits biologiques semble enfin revenir.
Un secteur qui sort progressivement de la crise
Après avoir traversé deux années de crise profonde en 2022 et en 2023, en raison de contraintes de pouvoir d'achat, les commerces spécialisés en bio sortent enfin la tête de l'eau. Cette période difficile avait entraîné la fermeture de près de 300 magasins au cours des deux années suivantes, marquant un coup dur pour l'ensemble de la filière.
Aujourd'hui, la consommation reprend, mais les acteurs du bio doivent faire face à des défis financiers persistants. L'absence au Salon de l'agriculture illustre ces tensions, où les priorités budgétaires prennent le pas sur la visibilité, même dans un contexte de regain d'intérêt des consommateurs.
Les professionnels du secteur espèrent que cette situation n'est que temporaire et que les soutiens publics et privés permettront de retrouver une présence forte dans les grands rendez-vous agricoles à l'avenir.



