Salon de l'agriculture 2026 : l'Aveyron maintient sa présence malgré l'absence de bovins
Le Salon de l'agriculture a ouvert ses portes samedi 21 février 2026 dans un contexte toujours tendu pour le monde agricole. Laurent Saint-Affre, président de la chambre d'agriculture de l'Aveyron, qui effectuait sa deuxième participation en tant que président, insiste sur l'importance de cet événement pour valoriser les atouts de l'élevage aveyronnais.
Une édition sans bovins mais avec adaptation
Laurent Saint-Affre salue la décision de ne pas présenter de bovins cette année, suite à la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse. « On protège le cheptel pour les semaines et surtout les années à venir. C'est un signe de responsabilité », explique-t-il. Malgré l'attrait traditionnel des vaches dans le hall 1, le dispositif s'adapte avec le maintien du partenariat avec le Département et les races locales comme la lacaune et l'aubrac.
Concernant la fréquentation, le président reconnaît que « pour le grand public, les médias focalisent régulièrement sur les vaches », mais il reste optimiste : « Peut-être que les ovins, les caprins ou les porcins deviendront les nouvelles stars… L'Aveyron peut se targuer d'avoir des acteurs dans chaque filière ».
Pas de boycott : le Salon comme lieu de rencontre essentiel
Jamais l'idée d'un boycott n'a effleuré l'esprit de Laurent Saint-Affre. Il considère le Salon comme une opportunité unique de réunir éleveurs, filières et consommateurs. « Même durant la crise, mon idée a toujours été de convaincre pour être présent au Salon, qu'il y ait des vaches ou non. Ne pas être présents aurait été une erreur », affirme-t-il, soulignant que Paris représente un marché important pour les produits aveyronnais.
Porter des messages politiques et défendre la Pac
Malgré les consignes des organisateurs visant à éviter que le Salon ne devienne un lieu de contestation, Laurent Saint-Affre compte bien y porter des messages. « On a la possibilité d'y croiser des personnes d'influence, c'est à nous de leur porter nos préoccupations ». Pour cela, la journée de l'Aveyron a été déplacée du mercredi au lundi pour toucher davantage de responsables politiques nationaux.
Une table ronde sur la prochaine Politique agricole commune (Pac) est également organisée. Le président exprime des inquiétudes pour l'Aveyron : « Nous devrons être vigilants sur notre système d'élevage et sur la valorisation des produits sous signes de qualité. Nos systèmes à taille humaine ne devront pas être négligés ».
La crise de la dermatose nodulaire : une gestion controversée
La récente crise de la dermatose nodulaire contagieuse a valu à la chambre d'agriculture de vives critiques. Laurent Saint-Affre s'interroge : « Je me pose la question de savoir si cette crise n'était pas avant tout politique et syndicale, et pas scientifique ». Il défend la décision de ne pas vacciner les troupeaux, prise collectivement en Aveyron.
La vaccination présenterait un risque économique majeur : « Si l'on vaccine l'intégralité de l'Aveyron, on se ferme à l'export pendant quatre mois. Le chiffre d'affaires du commerce d'élevage représente 10 millions d'euros par semaine, dont quatre millions à l'export ». Il cite l'exemple de l'Ain où des veaux n'ont pas pu être exportés après la maladie, entraînant des pertes significatives.
Une conclusion positive pour l'avenir de l'agriculture aveyronnaise
Le Salon reste une occasion de rencontrer des jeunes et de communiquer positivement sur le métier d'agriculteur. « Nous avons ici des filières qui fonctionnent, une densité d'agriculteurs intéressante, un maillage économique solide », se réjouit Laurent Saint-Affre. Il rappelle que les lycées agricoles attirent des jeunes et qu'« on peut bien vivre de l'agriculture » en Aveyron.
En définitive, malgré les défis sanitaires, économiques et politiques, la présence au Salon de l'agriculture 2026 apparaît comme un impératif pour défendre les intérêts de l'élevage aveyronnais et préparer l'avenir.



