Inquiétude des agriculteurs de Roquefort face à l'extension du périmètre de protection de l'eau
Ce mercredi, lors de la présentation de la nouvelle unité de filtration de l'eau potable à Roquefort-sur-Soulzon, prévue pour avril 2026, les dix agriculteurs de la commune ont exprimé leur mécontentement. En cause : un courrier recommandé reçu en avril leur annonçant un projet d'extension du périmètre de protection du bassin de pompage de Tendigues.
Une menace pour l'agriculture locale
Jean Carrière, porte-parole des agriculteurs, dénonce une mesure qui mettrait fin à l'agriculture sur le bassin de Tendigues, situé au pied du village de Roquefort. « Cela veut dire que sur le bassin de Tendigues, on met fin à l'agriculture. Qu'est-ce qu'on fait sur nos terres ? Même le pâturage est remis en cause », s'insurge-t-il. L'extension contraindrait les agriculteurs à cesser leur activité en raison des contraintes imposées par ce périmètre, comme le doublement des bandes enherbées.
« Si on ne peut plus cultiver nos terres, qu'est-ce que l'on fait ? Aujourd'hui, on a des bandes enherbées, on respecte les normes européennes avec 5 mètres, on respecte les ruisseaux. Dans ce rapport, on nous dit qu'on doublerait ces bandes. Avec de telles mesures, demain, il n'y a plus d'élevage au pied de Roquefort, l'année des 100 ans de l'AOP », ajoute Jean Carrière.
Une enquête publique contestée
Une enquête publique est ouverte à la salle communale, mais les agriculteurs regrettent de n'avoir pas vu le commissaire enquêteur. « L'hydrologue qui a pondu ce rapport est un idéologue ! », lancent-ils. Face à leurs protestations, le maire Bernard Sirgue est resté muet. C'est Pauline Rattez, de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, qui a pris la parole : « Le constat est fait que l'agriculture, telle qu'elle se fait sur ce territoire, et la qualité de l'eau sont compatibles. Pourquoi est-ce que demain, ce serait plus possible ? La qualité de l'eau ici est vraiment préservée et je pense que l'élevage en fait largement partie. Le chemin à prendre ne devrait pas être inquiétant. »
Jean Carrière renchérit : « Les études de l'ARS montrent qu'il y a 0 nitrate et 0 pesticide dans l'eau. »
Appel au dialogue
Juliette Beregi, sous-préfète de l'arrondissement de Millau, a conclu en invitant toutes les parties à se mettre autour de la table. « Je veux qu'on m'explique tout le dossier, qu'on mette tout sur table, qu'on trouve une solution qui permette de préserver l'activité principale sur ce beau territoire. C'est bien d'avoir de l'eau, mais si on n'a pas de lait de brebis on ne fait pas grand-chose », a-t-elle déclaré. Une réunion doit être organisée pour permettre aux brebis de continuer à paître paisiblement au pied du Combalou.



