Depuis le 1er avril, la lutte contre le nématode du pin, dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, est entrée dans ce que les autorités appellent « la période chaude ». Cette expression fait référence à la période de réveil et de vol du Monochamus, un coléoptère longicorne qui est le vecteur du nématode du pin, un ver microscopique dévastateur pour les pins maritimes. Le Monochamus hiberne chaque hiver après avoir pondu dans des arbres morts ou dépérissants. Si la ponte a eu lieu dans un arbre infesté par le Bursaphelenchus xylophilus (nom scientifique du nématode), les larves de Monochamus, devenues adultes au printemps, sont chargées de nématodes. Lorsqu'elles s'envolent pour se nourrir sur des arbres sains, elles déversent leur charge et infestent ces arbres, provoquant leur dépérissement en quelques semaines.
Une zone tampon pour contenir la propagation
C'est pour éviter cette propagation que, dès la détection du premier foyer de nématode du pin à Seignosse (Landes) le 4 novembre dernier, le préfet de région Étienne Guyot a organisé la lutte. Il a défini une zone réglementée comprenant une zone infestée de 500 mètres autour du foyer et une zone tampon de 20 kilomètres autour, qui empiète sur une dizaine de communes des Pyrénées-Atlantiques en plus des quarante-cinq communes landaises. Pendant la période froide, avant le 31 mars, la lutte visait à abattre tous les résineux de la zone infestée. Un deuxième foyer a été détecté en mars sur la commune d'Angresse (Landes). L'arbre a été abattu et broyé sur place. Cette détection a élargi la zone infestée initiale à la commune de Bénesse-Maremne, déjà comprise dans la zone tampon du premier foyer, sans modifier cette dernière.
Des opérations chirurgicales en période chaude
Un nouvel arrêté adapté à la période chaude a été publié, précisant les dispositifs de lutte. La lutte se concentre désormais sur la zone tampon. Pour le domaine public, elle est conduite au titre d'une mission d'intérêt général confiée à l'Office national des forêts (ONF). Pour le domaine privé, elle est confiée à la coopérative forestière Alliance Forêts Bois dans le cadre d'un marché public. « Nous avons, au 27 avril, traité la zone des trois kilomètres autour des zones infestées ; nous commençons celle comprise entre 3 et 6 kilomètres. Il s'agit de prélever, abattre et broyer sur place les seuls arbres dépérissants et morts », souligne Stéphan Vieban, directeur général d'Alliance Forêts Bois. Le tout sous la supervision des services de l'État. Ce ciblage chirurgical vise à éradiquer tout arbre susceptible de porter du nématode et de servir de lieu de ponte pour le Monochamus en hiver.
Pour les autres acteurs de la forêt, les travaux d'élagage, d'abattage ou de coupes de résineux de plus de trois centimètres de diamètre sont interdits jusqu'au 1er octobre, sauf en cas d'urgence liée à la mise en sécurité des biens et des personnes, à des travaux d'urbanisme et de construction, à la sécurisation des lignes électriques ou à des obligations légales de débroussaillement. Ces travaux nécessitent une autorisation préalable. Enfin, tout symptôme évocateur d'un dépérissement d'un résineux (coloration brun-rouge des aiguilles du houppier) doit être signalé sur le site de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf).



