Le conseil municipal de Pessac vote une motion contre les vols de nuit
Le conseil municipal de Pessac a adopté à l'unanimité, mardi 28 avril, une motion qui réclame la mise en place d'un « couvre-feu des vols de 23 heures à 6 heures, assorti d'une souplesse encadrée pour les vols retardés entre 22 heures et 23 heures ». Ce document de trois pages déroule un argumentaire dense et technique, dénonçant les nuisances sonores causées par l'utilisation de la piste secondaire de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac.
Un contexte de hausse du trafic aérien
Pessac est particulièrement concerné par les nuisances de l'aéroport lors de l'usage de la piste secondaire, qui représente environ 15 % du trafic global de l'infrastructure. Face à une augmentation des rotations, les riverains, les élus pessacais et les associations demandaient sa fermeture. Une solution écartée par le ministre des Transports et annoncée par le préfet en juin 2025.
Le conseil municipal délivre un avis défavorable dans le cadre de la consultation – en cours jusqu'au 30 juin – qui concerne le projet d'arrêté visant à limiter l'exploitation de l'aéroport. La procédure s'inscrit dans la proposition du préfet de la Gironde, qui préfère interdire les vols d'avions trop bruyants entre 22 heures et 6 heures plutôt que d'établir un couvre-feu.
Des critiques sur l'étude d'impact
Dans sa motion, le conseil municipal évoque l'étude d'impact selon l'approche équilibrée (EIAE) réalisée préalablement au projet de restriction. Le conseiller municipal de la majorité Philippe Lagouarde met en cause la méthode de calcul choisie, fondée sur une moyenne annuelle des mouvements. « Cela fait disparaître la population qui subit les nuisances de la piste secondaire. On parle de plus de 68 000 personnes », souligne l'élu. Le conseil municipal demande au préfet la réalisation d'un complément d'EIAE et évoque des « insuffisances majeures » ainsi que des contradictions dans les prévisions d'évolution du trafic entre différents documents.
Un appel à un débat métropolitain
La motion précise que « l'aéroport de Bordeaux Mérignac est appelé à devenir, à l'échelle de l'ouest de la France, le dernier aéroport placé sous le contrôle de l'ACNUSA à ne disposer ni d'un couvre-feu nocturne, ni d'une période de restriction applicable aux vols de nuit non programmés, alors même que de telles mesures existent déjà à Nantes et sont en cours de mise en œuvre à Toulouse ». Le conseil municipal estime que cela « crée un risque non évalué à ce jour de report du trafic nocturne depuis d'autres plateformes vers l'aéroport de Bordeaux Mérignac ».
L'opposition écologiste a formulé quatre propositions d'amendements. Un seul, sur la forme, a été adopté. Parmi ceux écartés, l'un d'eux souhaitait que la motion demande l'adoption d'une motion identique à la Métropole. « Vous avez toutes les cartes en main pour intervenir auprès du président de Bordeaux Métropole », observe l'élue d'opposition Laure Curvale, alors que la droite a repris la main sur la collectivité.
« Je ne suis pas certain qu'il faille le mettre dans une motion, répond le maire de Pessac Franck Raynal. Mais je suis d'accord : il faut que la Métropole se saisisse de ce sujet sur l'ensemble de ses aspects. Pas uniquement sur les vols de nuit mais concernant la totalité de l'évolution de l'aéroport. » Le maire appelle de ses vœux un « grand débat démocratique ».
Une subvention pour l'association 11/29
Le conseil municipal a également voté à l'unanimité une subvention de 5 000 euros à l'association 11/29, qui lutte contre les nuisances de l'aéroport.



