En conférence de presse, le maire Laurent Bruneau a confirmé le lancement du chantier, à la grande joie du président du Sporting, Jean-François Fonteneau. L’état désastreux de la pelouse d’Armandie, dont les joueurs ne cessent de se plaindre, sera bientôt à ranger au rayon des mauvais souvenirs. Les jardiniers vont pouvoir remiser tondeuses et râteaux. Le SUA jouera dès la saison prochaine sur une pelouse synthétique de la même nature que celle du terrain de Sapiac à Montauban. Ce mercredi 29 avril, Laurent Bruneau, le maire d’Agen, en a fait l’annonce aux côtés de Jean-François Fonteneau, le président du Sporting.
Un coût maîtrisé
Autre bonne nouvelle : le coût. Il sera moindre que le tarif pressenti (1,2 million d’euros). L’investissement consenti se situe à 943 000 euros HT. Une somme, tout de même, mais qu’il faut mettre en perspective avec les gains sur le coût de la maintenance, qui passerait de 120 000 à 150 000 euros par an à moins de 20 000 euros. Comprendre par là que le terrain serait amorti en moins de dix ans, soit la durée de vie d’un synthétique.
Nouvelles utilisations ?
« Nous avons agi en responsabilité. Les études avaient été engagées et les appels d’offres lancés. Après débat au sein de notre majorité, nous avons fait le choix de valider le synthétique », a confirmé Laurent Bruneau. Continuité, donc, mais nécessité aussi. « Il s’agit d’un bien municipal et nous avons le devoir de l’entretenir. La pelouse actuelle est en fin de vie et il aurait fallu de toute façon la refaire. Nous découvrons ici ou là des défauts d’entretien du patrimoine municipal – je ne reviens pas sur la passerelle Gauja… On peut penser au stade Rabal ou au SUA Foot avec des éclairages, eux aussi en bout de course. J’ai, avec mon équipe municipale, la responsabilité de léguer un patrimoine entretenu. »
Mais la pelouse synthétique ouvre aussi, selon le maire, « le champ des possibles », avec l’organisation d’événements divers (concerts, garden-party), mais aussi d’autres rencontres sportives (des matchs, par exemple, en lever de rideau des parties du SUA) sans craindre de voir le terrain se dégrader. Ces événements seront au bénéfice de l’organisateur, mairie ou club professionnel. Un partage de son usage sera le fruit de discussions entre la municipalité et la SASP.
Une bonne nouvelle pour le Sporting
Aux yeux de Jean-François Fonteneau, la validation de cet équipement est évidemment une bonne nouvelle après « une période anxiogène ». « C’est un outil d’abord indispensable à la performance sportive. Cela va nous permettre d’être maîtres de notre rugby. Jusqu’à présent, avec trois mois d’intempéries, notre jeu, dont l’ADN est le mouvement, était handicapé. C’est aussi un élément d’attractivité pour le recrutement des joueurs. Et pour la collectivité, qui a la charge de l’entretien du terrain, c’est bien entendu un enjeu important. » Les travaux débuteront cet été et seront confiés à la société Art Dan.
Une convention à renégocier
Le maire Laurent Bruneau a annoncé qu’il allait renégocier la convention qui lie la Ville d’Agen avec le SUA. « Nous continuons à dire, y compris ici à Armandie : il n’y a pas que le rugby à Agen. Mais il y a aussi le rugby. Et le club nous trouvera à ses côtés comme nous saurons être aux côtés de toutes les associations sportives agenaises. Nous allons nous rencontrer pour renégocier la convention. Nous avons par exemple pour ambition de porter davantage le rugby dans la ville, dans les quartiers, et de faire émerger des talents agenais. Nous avons fait un grand pas vers le club, nous attendons du club qu’il fasse un pas vers nous pour continuer à faire gagner Agen. »
À la question de savoir si le soutien financier de la ville au club sera sanctuarisé, Laurent Bruneau répond : « On ne sanctuarise rien parce qu’on ne fait pas de dogmatisme. Si on avait fait du dogmatisme, ce n’est pas sûr qu’on serait là aujourd’hui. Sur la question des subventions, on est toujours sur la même idée qu’on avait évoquée dans la campagne, celle de l’équité. C’est un conseil municipal fin juin qui tranchera cette question. Donc on met tout à plat. Ce qui nous importe c’est qu’on ait une ville qui aille plus facilement vers le stade et un club qui aille plus facilement vers la ville. »
La Ville engage chaque année 91 000 euros pour l’achat d’hospitalités lors des matchs et flèche 116 000 euros au soutien de la SASP, tandis que depuis l’an dernier, et selon la décision de Jean Dionis « mal vécue au club », 150 000 euros, qui jadis allaient au secteur pro, ont été réorientés vers l’association et la formation du SUA. Enfin, de son côté, Jean-François Fonteneau serait disposé à renégocier le loyer, « l’un des plus lourds » de Pro D2, établi à 330 000 euros par an.



