La tension sur le marché pétrolier s’accentue avec la perspective d’un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, propulsant le cours du baril de Brent à un niveau plus vu depuis 2022 et les premiers mois de guerre en Ukraine. Vers 17h55 heure locale, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, grimpait de 7,39% à 119,48 dollars. Quelques minutes plus tôt, il a avancé jusqu’à 119,76 dollars, le plus haut prix observé durant les deux mois de crise au Moyen-Orient. Il retrouve ainsi le niveau auquel il évoluait mi-2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe avait provoqué une flambée des prix du pétrole et du gaz. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, aussi pour livraison en juin, gagnait lui 7,24% à 107,16 dollars.
Investisseurs crispés
Donald Trump a évoqué la possibilité d’un blocus contre l’Iran se prolongeant « pendant plusieurs mois » lors d’une réunion mardi avec des dirigeants du secteur pétrolier, a indiqué mercredi un haut responsable de la Maison-Blanche. Dans ce cas de figure, celui « de l’Iran sur le détroit d'Ormuz devrait lui aussi se poursuivre », relève Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management. Une éventualité qui crispe les investisseurs au vu de l’importance de ce détroit pour le commerce mondial, notamment d’hydrocarbures.
« Le marché est de plus en plus convaincu qu’il n’y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz », constate Arne Lohmann Rasmussen. « Les investisseurs réagissent à l’absence de progrès dans la résolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran », abonde David Morrison, de Trade Nation. Les Iraniens « ont intérêt à devenir intelligents, et vite ! », a menacé Donald Trump en début de journée sur son réseau Truth Social. La Maison-Blanche affiche notamment son scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer Ormuz.
Dans ce contexte, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a rapporté que les exportations de pétrole brut ont atteint un record historique la semaine dernière aux États-Unis. Durant la période de sept jours achevée le 24 avril, 6,4 millions de barils ont été exportés quotidiennement, et même plus de 14 millions si l’on y additionne les produits pétroliers raffinés.



